Congélation des ovocytes en Angleterre : + 460% depuis 2010



La Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA)[1] indique une augmentation de 460 % depuis 2010, du nombre de femmes qui ont eu recours à la congélation des ovocytes. La HFEA conseille même de réaliser cette opération avant 35 ans.

 

En 2016, 19 % des congélations ont été financées par le NHS pour des raisons médicales telles que le cancer. Les 81 % restantes ont été réalisées par des cliniques privées, pour raisons personnelles préventives, moyennant des frais s’élevant à environ 3 350 £ par femme. Zeynep Gurtin, sociologue et chercheuse au Centre for Family Research de l’Université de Cambridge, y voit « une pratique commerciale en pleine expansion ».

 

Dans le cadre de ses recherches sur les options de fertilité des femmes célibataires, Zeynep Gurtin a rencontré deux profils types. Des trentenaires « pas encore prêtes pour la maternité, mais conscientes de leur fécondité » dont des proches ont eu des difficultés à concevoir. Elles considèrent la facture comme « un investissement qui atténuera leurs inquiétudes ». Elles sont minoritaires. Pour la majorité d’entre elles, ce sont des femmes proches de la quarantaine, qui n’ont pas encore trouvé « l’homme parfait ». Pour elles, ce n’est « pas une stratégie pour retarder la maternité, mais plutôt la seule option pour préserver leur fertilité restante ».

 

Actuellement, le taux de grossesses issues d’ovocytes congelés avoisine les 18%, mais plus l’âge avance plus ce taux diminue, surtout après 35 ans. Zeynep Gurtin craint non seulement que « des femmes plus âgées soient potentiellement exploitées en se faisant facturer des sommes importantes pour congeler leurs ovocytes avec des attentes irréalistes », mais aussi que des femmes de plus en plus jeunes soient « ciblées » par des entreprises de congélation d’ovocytes à l’affût de nouveaux clients et prêtes à tout pour « tirer profit des angoisses reproductives croissantes des femmes ».

 


[1] HFEA : Human Fertilisation and Embryology Authority ou Autorité de fertilisation humaine et d'embryologie. Il s’agit est un organisme public exécutif non ministériel du ministère de la Santé du Royaume-Uni, créé en 1991.


Sources: 

The Guardian, Zeynep Gurtin (14/09/2018)