Cinq organes simulés sur puce, un modèle de l’appareil reproducteur féminin



Une équipe du département d’obstétrique et de gynécologie de l’université Northwestern (Chicago) a mis au point « un dispositif de culture en 3D de cellules vivantes issues de plusieurs organes de l’appareil reproducteur féminin ». Cette technologie, appelée EVATAR « se présente sous la forme d’un petit cube monté sur puce contenant des modèles 3D d’ovaires, de trompes de Fallope, d’un utérus, col d’utérus, vagin et d’un foie (le foie est inclus car il métabolise les hormones et les médicaments) ». Les organes communiquent entre eux via des fluides qui font office de sang et transportent des molécules sécrétées, comme les hormones. Ainsi le système, soumis à l’influence d’hormones, peut « reproduire les interactions complexes du cycle menstruel ». Les chercheurs ont également « simulé un état de grossesse en maintenant un apport élevé en hCG et prolactine, hormones sécrétées par l’embryon et le placenta en développement ».

 

L’équipe américaine « a en outre observé que leur appareil permettait la croissance et la maturation de follicules ovariens qui ont émis des ovocytes. Ceux-ci provenaient de souris dans la mesure où l’on ne peut disposer d’ovaires sains pour ce genre d’expériences, ces organes n’étant jamais prélevés chez des femmes en bonne santé ».

 

La prochaine étape pourrait être « d’introduire dans ce système microfluidique des cellules de l’hypothalamus et de l’hypophyse afin de reconstituer les interactions de l’axe endocrinien hypothalamus-hypophyse-ovaires-utérus ».

 

Ces travaux sont publiés dans la revue Nature Communications. L’objectif des chercheurs est d’étudier les effets de nouveaux médicaments ou de molécules de l’environnement sur l’appareil reproducteur, ou encore d’étudier les maladies dues aux hormones. A terme, les chercheurs comptent « utiliser les cellules souche d’une femme pour lui fabriquer un modèle personnalisé de son propre système reproducteur, lui permettant de choisir les traitements les plus adaptés à son organisme ». Pour Teresa Woodruff, l’une des auteurs, « c’est la médecine personnalisée ultime, un modèle de votre corps pour tester des médicaments ».


Sources: 

Le quotidien du médecin, Camille Van Belle (29/03/2017); Le Temps, Marc Gozlan (29/03/2017)