Chine : Des manipulations génétiques d'embryons humains avérées



D'abord accueillies dans la communauté scientifique comme une "rumeur", les recherches de l'équipe chinoise du Pr Junjiu Huang sur la manipulation d'embryons humains sont désormais avérées.  

 

Les résultats de cette première mondiale ont été publiés dans le journal Cell & Protein. Pour ses recherches, l'équipe du Pr Huang, chercheur à l'Université Sun Yat-sen (Guangzhou), a utilisé des embryons humains "non-viables" issus de cliniques d'assistance médicale à la procréation. L'objectif de cette équipe est de modifier le gène responsable de la bêta-thalassémie, maladie du sang potentiellement mortelle. Pour cela, ils ont eu recours à l'outil de modification du génome, CRISPR-Cas9 (cf. Synthèse Gènéthique du 1er avril 2015).

 

Grâce à cet outil, l'équipe a remplacé ce gène ciblé du zygote[1] dans le but de le voir modifié et réparé lors du développement de l'embryon. Les résultats ont été commentés dans le journal Nature. Sur les 86 embryons manipulés, seule "une fraction" se sont développés avec le gène réparé. Malgré les "obstacles sérieux" à l'utilisation de cette méthode pour des applications médicales, l'aboutissement de ce type de recherches "peut être bien plus proche qu'on ne le pense", analyse le Business Insider.

 

Cette perspective de manipulation d'embryons humains au stade pré-implatatoire est vivement critiquée au sein de la communauté scientifique (cf. Synthèse Gènéthique du 16 mars 2015). En effet, les mutations seront transmises aux futures générations, ce qui pourrait avoir des effets imprévisibles.

 

[1] Première cellule unique fécondée formant le premier stade de développement de l'embryon.


Sources: 

Nature (David Cyranoski, Sara Reardon) 22/04/2015 - Business Insider (Kevin Loria, Jennifer Welsh) 23/04/2015