« Ce n'est pas ma faute, mon implant cérébral m'a incité à le faire »



Traités pour des pathologies distinctes : un trouble obsessionnel compulsif grave, une épilepsie,… des patients, ayant reçu une stimulation cérébrale profonde, ont vu leurs perceptions se modifier. À mesure que les neurotechnologies se répandent, la question de la responsabilité s’invite dans le débat : quelle est en effet celle d’une personne qui agit sous influence de son implant cérébral ?

 

Le cerveau est généralement considéré comme le centre de contrôle, le lieu de la pensée rationnelle et de l'émotion. Comme tel, il orchestre les actions et les comportements. Il est la clé de l'autonomie et de la responsabilité juridique et morale des actes humains.

 

Et, historiquement, la responsabilité morale et légale s'est largement concentrée sur l'individu autonome, c'est-à-dire sur une personne ayant la capacité de délibérer ou d'agir sur la base de ses propres désirs et projets, sans aucune distorsion des forces externes. Cependant, avec les progrès technologiques modernes, de nombreux intermédiaires peuvent être impliquées dans le fonctionnement de ces implants cérébraux, y compris les programmes d'intelligence artificielle influençant directement le cerveau.

 

Aussi en cas d’accident volontairement provoqué sous influence de l’implant, la responsabilité vient-elle de la personne elle-même ? Ou bien du producteur de l’implant ? Du chercheur ? Des professionnels de santé qui l’ont posé ? Si plusieurs acteurs partagent la responsabilité de la mise en place d’un dispositif, comment la répartir entre eux ? Des pompes à insuline et des défibrillateurs cardiaques implantables ont déjà été piratés « dans la vie réelle ». Qu’en est-il de la responsabilité de ces « pirates » qui pourraient intervenir de façon malveillante sur les implants ? A quel moment ces technologies prennent-elles le pas sur la responsabilité individuelle ?

 

Autant de questions à examiner sans tarder pour éviter de se trouver sans réponse face à des situations inédites : « Ce n'est pas ma faute, mon implant cérébral m'a incité à le faire ».


Sources: 

The Conversation, Laura Y. Cabrera et Jennifer Carter-Johnson (03/04/2018)