Canada : Suicide assisté pour les mineurs, les pédiatres de plus en plus interrogés



Au Canada, depuis la légalisation du suicide assisté en juin 2016, les pédiatres sont de plus en plus sollicités, tant par les mineurs que par leurs parents, au sujet du suicide assisté. A cette époque, un sondage montrait déjà que les pédiatres pensaient que cette autorisation devait être élargit aux mineurs matures. 11% d’entre eux avaient eu des discussions sur la façon d'aider les patients mineurs à mourir.

 

Aujourd’hui, une nouvelle étude compilant les réponses de 1040 praticiens, publiée par la Canadian Pediatric Society[1], affirme que la qualité des soins palliatifs pour les mineurs doit être une grande priorité, qu’ils doivent être améliorés et rendus plus accessibles. Mais elle montre aussi que l’euthanasie est devenue une question récurrente des malades et de leurs familles :

. 35 pédiatres déclarent avoir eu des « discussions exploratoires » avec un total de 60 patients âgés de moins de 18 ans au cours de la dernière année,

. 9 pédiatres ont reçu la demande d’aide à mourir explicite de 17 enfants de moins de 18 ans,

. 118 autres pédiatres ont déclaré avoir eu des discussions exploratoires sur la mort assistée avec les parents d'enfants malades, impliquant 419 enfants,

.  45 praticiens ont reçu les parents de 91 enfants demandant le suicide assisté pour leur propre enfant.

 

Une deuxième enquête, ayant reçu les réponses de 29% des 2000 médecins sondés, montre que si 46% des pédiatres pensent que le suicide assisté devrait être disponible pour les mineurs matures, c’est-à-dire jugés mentalement matures et capables de comprendre les conséquences de leurs propres décisions, 19% seulement d’entre eux sont prêts à prendre part à une telle procédure. 37 % des pédiatres « sont d'avis que l'aide médicale à mourir ne devrait jamais être envisagée pour un mineur ».

 

Un rapport sur l'aide médicale à mourir pour les mineurs matures doit être présenté au Parlement canadien en décembre 2018.

 

 

[1] Société canadienne de pédiatrie.


Sources: 

Daily Mail, Nathanie Rahhal (30/10/17) ; Aleteia, John Burger (28/10/17) ; La presse.ca, Maija Kappler (26/10/2017)