Canada : Les décès par overdose augmentent, les dons d'organes aussi



En Colombie Britannique (Canada), « il y a plus d’organes disponibles pour des transplantations et une partie de ces organes provient de victimes d’overdoses de drogue » constatent les autorités sanitaires.

 

L’état d’urgence a été déclaré il y a dix mois dans cette région au vu du nombre de morts par surdose de drogue. En 2016, « 914 personnes sont mortes après avoir consommé des drogues illicites [80% de plus qu’en 2015], dont une bonne partie était liée au fentanyl, un puissant opioïde[1] ». En janvier 2017, 116 décès par overdose ont déjà été recensés. Cette vague de décès « bénéficie aux dons d’organes », de façon « inattendue et paradoxale ». Depuis le début de l’année 2017 un quart des donneurs décédés avaient succombé à une overdose.

 

« Auparavant, nous aurions évité d’accepter ce type de donneurs en raison des inquiétudes sur la transmission de la maladie », explique le docteur David Lansberg[2]. « Nous sommes tout aussi préoccupés aujourd’hui que nous l’étions il y a quelques années, mais nous avons de meilleures systèmes en place pour s’assurer qu’il n’y a pas de maladie active, puis on est apte à l’offrir aux gens de façon sécuritaire », poursuit-il. Selon lui, « si vous étiez en train de mourir, qu’on vous disait que vous avez 48 heures à vivre et qu’on vous demandait si vous vouliez un rein de quelqu’un qui fumait du crack mais qui, autrement, est en bonne santé… Bien sûr que vous le prendriez ». Il déclare tout de même que cette situation le laisse « ambivalent » : « J’aimerais voir la fin de l’épidémie au fentanyl mais j’aimerais aussi que les gens sur listes d’attentes reçoivent des dons d’organes ».

 

[1] Sédatif.

[2] Directeur du programme de transplantations rénales en Colombie-Britannique.