Bioéthique : « La nature de l’Homme n’est pas fluctuante »



Dans les colonnes de Valeurs Actuelles, Nicolas Tardy Joubert, conseiller régional du Parti chrétien-démocrate (PCD) d’Île-de-France rappelle que si « protéger la nature est vital », alors « la cohérence devrait conduire à protéger d’abord et avant tout le droit naturel et la vie humaine ». Mais le projet de loi bioéthique actuellement débattu « bafoue totalement le respect de la nature et de la condition humaine, refusant de les prendre en considération ». Parmi les transgressions contenues dans le texte, il souligne « la manipulation du vivant qui existe avec la PMA pour les couples infertiles (en éliminant les embryons surnuméraires) et la sélection eugénique (en éliminant ceux porteurs de handicap) ». Soutenir la PMA pour les couples de femmes, dénonce-t-il encore, c’est « accepter l’idée de pouvoir avoir deux pères ou deux mères, ce qui est naturellement impossible ». Une situation contre laquelle « une large majorité de personnes s’est exprimée » lors des Etats Généraux de la Bioéthique, mais cette consultation est méprisée et piétinée par la majorité présidentielle constate-t-il.

 

 « Il est urgent d’interdire l’utilisation d’un embryon comme simple matériau de laboratoire, ou encore empêcher la création de chimères qui mixe cellules humaines et animales. Si la science nous permet de progresser et de faire reculer les maladies, l’Homme doit assurer que son application reste conforme à la nature qui est universelle. Il doit mettre en place tous les garde-fous indispensables.  Ce qui était mal et immoral hier, ne peut devenir bien et acceptable aujourd’hui. La vérité est permanente, la nature de l’Homme n’est pas fluctuante » plaide Nicolas Tardy-Joubert. Il rappelle que « quand des parlementaires votent des lois illégitimes, celles-ci restent illégitimes », et appelle à manifester le 6 octobre pour « s’opposer au projet de loi délétère du Gouvernement ».

 

Jean-Pierre Le Goff, philosophe et sociologue, s’inquiète de son côté dans une tribune du Figaro du fait que cette loi de bioéthique soit « intégrée et diluée dans une rhétorique du changement et du nouveau monde qui mélange les genres en les plaçant tous sous le signe de la modernisation et du progrès ». Se limitant à traiter l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires, il affirme que ce « n’est pas une réforme adaptative comme les autres, dans la mesure où elle met directement en jeu une conception de la condition humaine, de la procréation et de la filiation » : « on flirte avec l’idée que «tout est possible» et que l’individu est roi ». Dans un contexte de « lutte contre les inégalités », seules « une procréation, une gestation et une naissance qui seraient totalement désincarnées mettraient tout le monde sur un même plan d’égalité ». De fait, « les députés n’en ont pas fini avec le texte, qui donnera lieu à des débats complexes, pour tenter de réguler une égalité devenue folle sur fond de déstructuration ». En outre, « le fait de pouvoir désormais «faire un bébé toute seule» permet d’éviter la rencontre charnelle et la confrontation à toute altérité. Il renforce l’individualisme autocentré et le règne du narcissisme. L’alliance de ce type d’individualisme avec le développement des techniques de procréation réactive un fantasme de toute-puissance en le faisant passer pour une simple évolution des mœurs et du progrès » analyse-t-il.

 


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