Bibliographie de la bioéthique

Mort par sédation - une nouvelle éthique du "bien mourir"?

Emmanuel Hirsch Fin de vie
Erès : http://www.editions-eres.com/ouvrage/3883/mort-par-sedation
Septembre 2016
216 pages
« Éviter toute souffrance et de ne pas prolonger inutilement sa vie » récapitule désormais dans une prescription lapidaire nos devoirs d’humanité à l’égard d’une personne atteinte d’une affection grave et incurable. Au terme de notre vie, n’attendons-nous de la société que l’acte d’une mort par compassion, d’une mort sous sédation, d’une mort médicalisée ?   Pour en savoir plus : retrouvez en cliquant ici l'interview qu'Emmanuel Hirsch a accordé à Gènéthique    "La loi sur la fin de vie du 2 février 2016 rend désormais possible une assistance médicalisée assimilée par certains à l’aide active à mourir, ce que revendiquent depuis des années les apôtres du suicide assisté ou de l’euthanasie. De « nouveaux droits » y sont proclamés, comme celui d’éviter toute souffrance en décidant de mourir de manière anticipée, sous sédation profonde et continue. Pouvoir ainsi recourir aux dispositifs d’une mort à la demande, dans la minutie de procédures médico-légales, est-ce l’avancée démocratique attendue pour « mourir dans la dignité » ? Cette « dernière liberté » constitue-t-elle le nouveau modèle de la « bonne mort », une nouvelle éthique du « bien mourir » sous contrôle médical ? Les derniers temps d'une existence sont affaire intime ; ils relèvent de circonstances personnelles. Ils sont pourtant devenus l’enjeu de débats politiques et de décisions légales qui aboutissent aujourd’hui à de nouvelles pratiques médicales. Au-delà d’une promesse électorale et d’une concertation nationale n’ayant pu aboutir qu’au consensus provisoire d’un texte de loi ambigu et d’une application compliquée, nos responsabilités demeurent auprès de celui qui va mourir. N’aurait-il pas été alors plus sage et courageux de créer les conditions effectives d’un choix possible entre un accompagnement humain jusqu’au terme de la vie et une euthanasie par compassion ?"

Le soin une valeur de la République - Ce que soigner signifie

Emmanuel Hirsch Tous les autres thèmes
Les Belles Lettres : http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100617030
Juillet 2016
224 pages
Ce livre, empreint d'humanité, réconcilie avec la vocation première du "soin" de la personne malade, handicapée ou tout simplement âgée. Emmanuel Hirsch nous conduit à réfléchir sur le fondement de notre société : la solidarité avec la personne vulnérable. Soignants, proches ou simples citoyens, l'auteur nous amène avec bienveillance à réfléchir sur notre responsabilité individuelle et collective, sur notre sens de la sollicitude ou encore de l'altruisme qui devrait guider chacun dans la construction d'une société démocratique.   Pour aller plus loin :   "Comment concevoir une éthique partagée au service des valeurs de la cité ? Répondre à cette question, c'est engager une réflexion sur les valeurs constitutives du soin et de l'accompagnement à la lumière de la vie démocratique. Par l’attention portée aux individus, aux droits de la personne et aux situations de vulnérabilité, les professionnels et les bénévoles des associations qui interviennent dans les champs du sanitaire et du médico-social incarnent des valeurs de sollicitude, de solidarité, de justice. Ce souci du bien commun n’éclaire-t-il pas le lien social ? Que signifie soigner l’autre et lui consacrer une attention dans un contexte où l’individualisme, la solitude, la culture de l’instant présent semblent altérer les principes qui rassemblent autour d’engagements communs, voire une certaine idée de la fraternité ? Les espaces et la culture du soin ne sont-il pas emblématiques d’un engagement citoyen et propices à un ressourcement ou à une nouvelle signification des valeurs républicaines ? Témoignant d’un parcours personnel, la réflexion proposée se confronte aux situations parmi les plus éprouvantes et délicates pour les pratiques soignantes et les vies individuelles que sont la démence, la maladie gravement invalidante, la douleur, la fin de vie, afin de donner à mieux comprendre leurs enjeux éthiques, sans se départir jamais d’un abord sensible."

Golem

Pierre Assouline Transhumanisme
Gallimard : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Golem
Mars 2016
272 pages
« Il n’est pas indispensable d’être philosophe pour comprendre que le transhumanisme n’est pas un humanisme ». Dans son dernier Roman, Pierre Assouline raconte l’histoire d’un champion d’échec, accusé du meurtre de sa femme, qui découvre que son meilleur ami, un chirurgien fantasque et nerveux, a déposé à son insu, dans une partie saine de son cerveau, de petits implants qui vont décupler sa mémoire. Un plaidoyer pour l’humanité qui aborde les dangers de l’hybridation de l’homme à la machine, dénonçant les apprentis sorciers qui ignorent les conséquences psychologiques ou les répercussions simplement physique de ce nouvel esclavage. A l’issu d’un long voyage, le personnage principal de ce livre sera justifié et trouvera une vraie liberté.

Face à la fin de vie d’un proche, comment réfléchir et agir ?

Bernard-Marie Dupont Fin de vie
Ed. François Bourin : http://www.bourin-editeur.fr/fr/books/face-la-fin-de-vie-dun-proche/404/
Mars 2016
110 pages
Médecin, juriste et philosophe, Bernard-Marie Dupont interroge le sujet de la fin de vie à partir de son expérience. Il rappelle, tout d’abord, les enjeux législatifs, médicaux, moraux de ce sujet complexe et parfois équivoque. Opposé à l’euthanasie, il s’interroge notamment sur le suicide assisté, forme d’euthanasie passive, qui s’appuie sur une demande du patient, une demande que l’auteur n’estime ni libre et ni réellement éclairée. S’appuyant sur une étude de 2 juristes, il montre qu’une législation autorisant le suicide assisté conduirait à confondre liberté individuelle et libertés publiques, à faire du suicide un fait juridique alors qu’il est a-juridique dans notre droit, et introduirait une grave confusion : comment combattre alors la provocation au suicide et même maintenir la notion de non-assistance à personne en danger ? Le conflit des lois devient patent : la mort, selon notre tradition, est un fait juridique incontestable, les partisans de l’euthanasie veulent en faire un acte juridique. Pour l’auteur, elle doit demeurer ce fait juridique, entraînant des effets juridiques.   La philosophie du droit va devoir évoluer et faisant primer le droit individuel sur le droit collectif, elle va transformer une société d’obligation en une société de revendication. « Si la tradition juridique opère une séparation entre morale et droit, l’évolution spectaculaire de la biomédecine doit-elle la remettre en cause ? Le droit doit-il porter de nouvelles valeurs et lesquelles ? » (p 85).   Deux philosophies du droit s’affrontent désormais : celle, judéo-chrétienne, qui affirme que le corps est la personne (morale), ce que le droit romain reconnaissait déjà : la personne comme esprit et corps, et l’autre qui distingue le corps de la personne. En droit civil, le corps dit la personne, et il en assure le respect. Cependant, la propriété du corps n’entraîne pas sa libre disposition, ce qui le réduirait à un objet. L’euthanasie et le suicide assisté confondent le droit à la propriété et le droit sur soi-même. Pour Bernard-Marie Dupont, la dignité humaine est une question de nature, et non de degré : « La dignité de l’homme n’est pas un droit de l’homme, elle est l’assise du concept des droits de l’homme ». Le droit positif ne permet pas de définir les bornes à poser au droit individuel. La rapide évolution des progrès de la médecine nous contraint à redéfinir bien des notions juridiques et philosophiques qui semblaient aller de soi jusqu’à encore récemment : dans ce livre, l’auteur invite à la réflexion les acteurs décisionnels, sur l’euthanasie certes, mais aussi sur l’ensemble des sujets éthiques posés par l’accélération des progrès de la médecine.

Les premières victimes du transhumanisme

Jean-Marie Le Méné Transhumanisme
Pierre Guillaume de Roux
Février 2016
171 pages
Nous sommes entrés dans une période de marchandisation du vivant et une nouvelle étape va encore être franchie. Dans l'histoire, c'est un évènement sans précédent. Aujourd'hui, la quasi totalité d'une population, éliminée sur le critère de son génome imparfait, a disparu. L'extinction de cette partie de l'humanité est le fait d'un eugénisme efficace vendu par des marchands, acheté par l'Etat et mis en oeuvre par la médecine. Une redoutable machine à trier les humains arrive de la Silicon Valley sur le marché européen. Elle est précédée d'une clinquante caravane commerciale. De guerre lasse, j'étais prêt à entendre ceux qui me conseillaient de déposer les armes. Le faire aurait été une capitulation. A commander ici.

Le Mariage & la loi - Protéger l'enfant

Institut Famille et République PMA-GPA
http://www.institutfamilleetrepublique.fr/travaux-livre/
Janvier 2016
479 pages
La loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe (dite "mariage pour tous") a ouvert un champ d'insécurité juridique à perte de vue tant avec le droit de la famille et du couple qu'avec le droit de la filiation. L'enfant, le grand oublié de cette loi, en apparaît comme sa victime colatérale.   Faut-il et peut-on réviser la loi du 17 mai 2013 ? Comment ? Et pour quel nouveau droit de la famille et de la filiation ? Ces questions sont légitimes et appellent des réponses juridiques précises, par des spécialistes, loin des polémiques stériles et des querelles politiciennes. le temps -serein- du droit est venu. La parole apaisée revient aux juristes; deux ans et demi après la promulgation de la loi.

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