Bibliographie de la bioéthique

L'idolâtrie de la vie

Gallimard : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Tracts/L-Idolatrie-de-la-vie
Juillet 2020
64 pages
Dans un petit fascicule éclairant et plein d’humour, Olivier Rey, mathématicien et philosophe, tente d’expliquer les raisons qui ont conduit d’un côté, l’Etat à prendre les mesures drastiques dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus et de l’autre, les citoyens à se laisser docilement confiner deux mois durant.   « Pourquoi c’est à partir d’un certain moment qu’on a plus voulu ‘crever de faim' ? » Partant de l’histoire de la révolution française, Olivier Rey tire le fil d’une soumission tissée à force de prise en charge par l’autorité publique. En effet, « plus le pouvoir central porte secours aux citoyens, plus ceux-ci sont enclins à lui reprocher les maux dont ils souffrent ».   Par ailleurs, la désacralisation de nos existences ont conduit à idolâtrer la vie, à la considérer pour elle-même, comme une fin en soi : à défaut de pouvoir « donner sa vie », nous sommes désormais contraints de la « sauver ». Et si « jadis, la mort était le terme nécessaire de la vie terrestre, que la médecine pouvait dans certains cas retarder. Aujourd’hui, la mort est un échec du système de santé ». Dans ce contexte, les exigences en matière de santé deviennent exponentielles et les moyens mis en œuvre, bien que « démesurés », toujours insuffisants.   Pourtant, explique le philosophe, « les plus graves dangers auxquels l’humanité dans son ensemble est exposée au XXIe siècle ne tiennent pas à une insuffisance des moyens d’action mais au contraire, à des actions trop importantes en regard de ce que la nature est en mesure de supporter ». Il estime que nous avons atteint aujourd’hui un « seuil de contre-productivité » au-delà duquel les progrès de la technologie présentent « davantage d’inconvénients qu’ils ne procurent d’avantages » et il dénonce le discours ambiant qui, sous couvert d’ « ordre sanitaire » maintient dans une indignation perpétuelle, qui est aussi une dépendance extrême à un système infantilisant : « Nous nous trouvons toujours plus dépendants du système de santé, comme un drogué dépend de sa drogue ». Le monde d’après requiert d’abord un sursaut, un effort sur nous-mêmes. Saurons-nous « nous y mettre » ?

Libérons-nous du féminisme !

Bérénice Levet Tous les autres thèmes
Editions de l'Observatoire : https://www.editions-observatoire.com/content/Lib%C3%A9rons_nous_du_f%C3%A9minis...
Juin 2020
224 pages
« Se libérer du féminisme, c’est d’abord se libérer d’un récit d’une extrême indigence et d’une accablante monotonie afin de rendre ses droits au réel, à la variété, à la richesse des relations entre les hommes et les femmes. »   Après les phénomènes #metoo et #balancetonporc, Bérénice Levet prend la plume dans un remarquable essai pour dépeindre le féminisme victimaire, terriblement infantilisant, qui tente d’imposer son « genre » dans toutes les strates de la vie sociale. Elle dénonce le procès, importé d’outre-Atlantique, de la masculinité et de la virilité que les féministes imposent pour parachever un travail de déconstruction. Elles abusent d’un concept de domination qui agit comme un « éteignoir » sur les relations entre les deux sexes. Un combat tellement éloigné de la tradition française, que des siècles de galanterie ont habitué à une polarité « essentielle à la civilisation et à la joie de vivre ».   A grand renfort de lois, jusqu’à pénaliser les regards des hommes, l’Etat désormais explique et codifie, ce que doivent être les relations entre les hommes et les femmes… entendez entre les femmes et les hommes et il ne s’agit plus ici de savoir-vivre, mais de normes. Bérénice Levet dénonce aussi ces abus, les zones invisibilisées de telle ou telle ville, de tel ou tel quartier, où les femmes ne circulent plus, où elles ne peuvent plus entrer dans un café, et que le féminisme ignore et tait !   Pour l’auteur, nous sommes face à un « puritanisme lubrique », un puritanisme « d’après la libération sexuelle », un nouvel « ordre moral » qui établit entre les deux sexes « une répulsion pour la sexualité ». Seule, en effet, l’hétérosexualité « fait l’objet de leur inquisition ». Désormais la novlangue, en sa forme inclusive, est à pied d’œuvre, les œuvres d’art sont réécrites, qui, en privant de la culture, censurent la réflexion.   Ce livre fait la part des choses et finalement rend leur liberté aux deux sexes. Il est un hommage aux femmes bien supérieur au « culte » qui leur est rendu par les idéologues du féminisme.

Humanae vitae, une prophétie

Michel Aupetit Tous les autres thèmes
Editions Salvator : http://www.editions-salvator.com/A-27814-humanae-vitae.aspx
Février 2020
102 pages
Dans Humanae vitae, une prophétie, Mgr Aupetit n'entend pas simplement réhabiliter l'encyclique du pape Paul VI sur "le mariage et la régulation des naissances", si mal reçue au moment de sa parution en 1968. A travers cet opuscule, Mgr Aupetit va plus loin en soulignant la façon dont ce texte est un appel à redécouvrir l'altérité, à reconquérir notre liberté et à choisir de l'exercer de façon éclairée. Il adresse un appel à se réapproprier pleinement notre humanité. Cette "explication de texte" enrichie d’un double regard, celui du pasteur et celui du médecin met à la portée de tous le message longtemps méconnu d'Humanae vitæ. Et donne envie de le (re)découvrir.

Des vérités devenues folles

Salvator : http://www.editions-salvator.com/A-27267-des-verites-devenues-folles.aspx
Février 2020
192 pages
A une époque où règne le psittacisme du progrès et du prétendu sens de l’histoire, Rémy Brague propose une pensée résolument à contre-courant de ce conformisme intellectuel.   Sous un titre paraphrasant judicieusement la formule bien connue de Chesterton, c’est à une entreprise de reconstruction intellectuelle, morale et spirituelle que cet ouvrage nous convie.   En effet, il nous rappelle que le « projet » moderne est fondé sur trois vérités devenues folles, au sens de dénaturées : la Création sans Dieu, considérée comme une entité mathématique sans âme, et un magasin de richesses bon à piller ; la Providence sécularisée, qui régresse en un mythique Progrès, monstre de la pensée, déresponsabilisant et sans réelle consistance ; le pardon sans puissance d’absolution, qui dégénère en repentance pathologique et prétendument historique. Cette triple folie consomme l’échec de ce projet, qui rend l’homme à sa solitude, dans un monde sans âme et sans parole, que l’on décrit, certes brillamment, mais sans parvenir à le comprendre réellement.   En réponse à ce constat inquiétant, Rémy Brague propose de revenir à un mode de pensée « médiéval », également appelé « pré-moderne », en ce sens qu’il n’abandonne pas l’idée de Création, dans laquelle la Parole créatrice, le « Logos » est à l’œuvre, et avec laquelle nous sommes appelés à converser. Pour notre auteur, c’est à ce prix que l’homme peut de nouveau « habiter » le monde reconnu comme créé ; c’est à ce prix qu’il renouera avec Dieu et ses semblables, et qu’il s’engagera dans une voie de « conservation-conversation-continuation », dans laquelle la science redeviendra un instrument au service de l’esprit et non plus une source d’illusions prométhéennes.   Cette vision dynamique inclut le respect de la Nature en tant que bien commun à préserver, la connaissance éclairée de l’histoire réelle et non fabriquée selon des dérives totalitaires type 1984 ; elle s’oppose à la barbarie moderne, liée à la dégradation du langage, donc à la violence, comme au déclin des libertés. Rémy Brague propose un chemin de retour à « Athènes et Jérusalem », considérées comme les deux matrices de notre pensée occidentale, avec le souverain Bien de Platon et d’Aristote, et l’enseignement primordial de la Genèse : « Et Dieu vit que cela était bon ». Ce chemin est également un retour à la vraie civilisation qui promeut les vertus cardinales plutôt que les « valeurs » démonétisées des sociétés modernes, la famille plutôt que l’individu roi et objet de marché, et par-dessus tout l’observation du « commandement divin fondamental : ‘ Sois’ ! ».   C’est véritablement une révolution au sens de retournement, qui nous est proposée ici, avec des arguments forts, propices à la méditation, et, pourquoi pas, au mûrissement de projets de renouveau politique.

Marie-Lys, notre "enfant soleil"

Vanessa Cordier Tous les autres thèmes
Le Centurion : http://editions-lecenturion.fr/fr/produits/produit/211/marie-lys-notre-enfant-so...
Septembre 2019
192 pages
Quel est le quotidien d’une Maman qui se bat pour son enfant ? Face à la maladie, au handicap et à la mort, en s’adressant à sa petite Marie-Lys, Vanessa nous ouvre son cœur de Maman et son parcours spirituel. Elle passe par toutes les phases, confie les marques d’affection, les attentions de l’entourage qui l’ont touchée et portée. Celles qui l’ont dérangée. Utile pour chacun car nous connaissons tous dans notre entourage une personne qui se bat contre la maladie et nous nous demandons bien souvent comment l’aider.   Quelle place pour la fragilité aujourd’hui ? La maladie a-t-elle un sens ? Vanessa partage sa plongée dans la philosophie et dans la théologie pour trouver des réponses. Dans ce livre, pas de faux semblants. Chaque phrase sort de ses tripes. Avec sa fille Marie-Lys, Vanessa a découvert la vraie joie, celle qui est compatible avec les embûches. On sort de ce témoignage grandi, comme si on avait mûri.

Jérôme Lejeune, la Liberté du savant

Artège : https://www.editionsartege.fr/livre/fiche/jerome-lejeune-9791033608318
Avril 2019
480 pages
« L'intelligence d'un seul est un don pour tous ». Telle est la pensée qui jaillit à la lecture de cette biographie pleine de rebondissements, qui se lit comme un roman, mais documentée et référencée comme un livre d’histoire. On y découvre comment Jérôme Lejeune, pionnier de la génétique moderne, ébloui par la beauté de chaque vie humaine, a mis son immense intelligence au service des enfants blessés dans leur intelligence. On y voit le déploiement de sa carrière. Ses premiers travaux sur les radiations atomiques qui, en 1957, le propulsèrent comme expert auprès de l’ONU et le désignèrent aux américains comme le plus prometteur des jeunes généticiens français, dès avant la découverte de la trisomie 21. Puis, toutes les étapes de son travail acharné dans le service du Pr Turpin, qui conduirent à la découverte de la trisomie 21 et des suivantes (la Maladie du cri du chat par exemple). Enfin, sa carrière à l’hôpital Necker à Paris. Les nombreux documents inédits présentés dans la biographie dévoilent ses réflexions, ses intuitions de recherche et ses analyses. Ils montrent aussi combien Jérôme Lejeune est courtisé par les Etats-Unis, puis devient l’objet des vives attentions de l’université française, ce qui est suffisamment rare pour être souligné ! L’université fonde la première chaire de génétique fondamentale en France pour le nommer professeur, puis doyen de la faculté de médecine des Cordeliers à Paris (aujourd’hui Paris Descartes), où il crée le 1er certificat de cytogénétique et celui de génétique générale. Il reçoit ensuite de nombreux prix dans le monde entier et est nommé membre de dizaines d’Académies scientifiques avant d’être ostracisé par tous ceux qui l’ont encensé, car il refuse de se rendre à leurs arguments eugénistes et préfère prendre la défense de ses petits patients. Au risque de perdre beaucoup. Ce qui advient.   Son histoire est celle d'un homme qui est resté profondément libre malgré les honneurs reçus du monde entier, puis les attaques violentes dont il a été l'objet. Cette liberté naît d’un mélange harmonieux d’excellence scientifique et de respect de la personne humaine dans sa souffrance. L’auteur montre aussi qu’en suivant sa conscience de médecin fidèle au serment d'Hippocrate et de chrétien fidèle à son baptême, Jérôme Lejeune a manifesté combien la science et la foi, loin de s’opposer, se font grandir mutuellement par l’apport de leurs connaissances foncièrement différentes mais complémentaires.   Pour écrire cette biographie de référence, l'auteur a travaillé onze ans, a consulté des milliers d'archives, longuement rencontré son épouse, ses proches, beaucoup de familles de patients et de collaborateurs français et étrangers. Elle nous livre le portrait inédit d'un Jérôme Lejeune, savant plein d'humour, époux et père de cinq enfants, proche des grands de ce monde, et défenseur des plus petits.

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