Belgique : un bilan négatif après 15 ans de dépénalisation de l'euthanasie



Un symposium s’est tenu le 11 mai dernier en Belgique à l’occasion des 15 ans de la loi légalisant l’euthanasie et à l'initiative d'un parlementaire. Dans ce cadre le professeur Deliens, directeur du End-of-Life Care Research Group, a critiqué l'encadrement de cette pratique. Selon lui, le contrôle exercé sur les demandes d'euthanasie demeure « marginal » et « très rudimentaire ». Beaucoup d’euthanasies clandestines sont réalisées, le nombre d’euthanasies réel est bien plus important que celui soumis à la Commission Fédérale de contrôle et d’Evaluation. Sur 15 ans, « la pratique de l’euthanasie [...] a augmenté énormément », et de nombreux médecins procèdent à des euthanasies « en toute illégalité et impunité ». Le professeur a évoqué « l’existence d’une ‘zone grise’, hors de tout contrôle, quant à la pratique de la sédation qui viserait à provoquer la mort du patient de façon abusive ».

 

En outre, en 15 ans, aucune des études effectuées sur le sujet n’a été financée par les pouvoirs publics. « La loi euthanasie n’est-elle pas assez importante pour justifier un financement des recherches à ce sujet ? » s'interroge le professeur Deliens. Envisageant une éventuelle révision de cette loi, les scientifiques ont évoqué le sujet du suicide assisté, « impliquant moins » les médecins qui « se sentent mieux après l’aide au suicide qu’après une euthanasie où ils doivent eux-mêmes injecter le produit létal ». Les intervenants ont également  appelé à un élargissement de la loi « notamment pour les personnes atteintes de démence ». Ils ont demandé une meilleure information sur l’euthanasie et une formation des médecins et infirmiers adaptée, d'autres intervenants ayant rappelé que les soignants devaient « se garder de toute pression possible venant du patient lui-même tout en respectant son autonomie ».

 


Sources: 

Institut Européen de Bioéthique (08/06/2017)