Belgique : le champ d'application de l'euthanasie s'est considérablement étendu



Etienne Montero, auteur de Rendez-vous avec la mort. Dix ans d'euthanasie légale en Belgique, explique dans une interview donnée au Point comment en 12 ans le champ d'application de la loi légalisant l'euthanasie s'est "considérablement étendue". Jusqu'à être appliquée sur des personnes qui ne sont pas en fin de vie.

 

Le nombre d'euthanasie a augmenté de "façon exponentielle". En 2002 la Belgique recensait 199 cas d'euthanasie, 1454 en 2014. Il ne s'agit que des chiffres officiels, c'est-à-dire des cas transmis à la commission de contrôle.

 

Etienne Montero met le doigt sur le dysfonctionnement des cadres instaurés par la loi de 2002. D'une part, la commission de contrôle n'a pas de marge de manœuvre puisqu'elle intervient a posteriori, une fois que la personne est décédée, et elle ne dispose que des éléments que le médecin qui pratique l'euthanasie "veut bien lui communiquer". Ce qui explique pourquoi en 12 ans, aucun dossier n'a été contesté devant la justice. D'autre part, la nécessité de recueillir deux avis de médecins pour pratiquer une injection létale est biaisée dans la pratique car des réseaux de médecins proches de l'ADMD, et donc acquis à la cause, se sont organisés afin d'être facilement sollicités pour donner le 2e avis.

 

Il constate qu'aujourd'hui, le champ d'application de la loi est largement entendu puisqu'on accepte d'euthanasier des personnes qui ne sont pas en fin de vie mais qui sont dépressives, démentes, ou présentent plusieurs pathologies liées à la vieillesse. Il existe également des "euthanasies préventives" pour les patients à qui on a diagnostiqué une maladie d’Alzheimer.


Sources: 

Violaine de Montclos (Le Point) 15/01/2015