Avortements séléctifs en Arménie : la population féminine menacée



Après la Chine et l’Azerbaïdjan, l’Arménie est le troisième pays au monde concernant les avortements ciblés sur les embryons féminins (cf. L’Arménie au troisième rang des avortements sélectifs dans le monde ). « Il est des femmes que vous ne verrez jamais, parce qu’elles ne naîtront jamais », écrit Suzanne Moore dans le Guardian.

 

Devant la menace d’une crise démographique, les avortements en fonction du sexe ont été interdits en Arménie en 2016. Cependant, les familles arméniennes ont encore du mal à voir l’arrivée d’une fille d’un bon œil : avoir un garçon, c’est perpétuer son lignage et assurer un soutien pour sa vieillesse. Et malgré le cessez- le-feu signé avec l’Azerbaïdjan en 1994, un garçon reste un soldat potentiel.

 

«Nous perdons 1.400 filles par an. À long terme, avec qui se marieront nos garçons ? Comment consoliderons-nous la nation arménienne ? Nous sommes seulement trois millions de personnes. Nous n'avons aucun droit à de telles pertes. Il n'y aura pas de mères pour donner naissance à des filles», s'inquiète le docteur Hrachya Khalafyan, qui dirige le centre médical Sevan à Yerevan.

 

En 2017, un programme a été lancé par le Fonds des Nations Unies pour lutter contre ces pratiques dans le monde. Ce programme a reçu l’appui du gouvernement arménien, mais ses effets sont encore ténus.

 

Afin de mieux toucher les populations, le gouvernement s’est associé à l’Eglise : par exemple, des passages de la Bible mettant en valeur les femmes sont lus dans les églises et les écoles. Le but est de « promouvoir la valeur des filles et des femmes dans toute la culture ».

 

 

 


Sources: 

Slate (23/02/2018)