Avortement : Laurence Rossignol donne des leçons à son homologue polonaise



Laurence Rossignol, ministre française des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, s’est entretenue avec son homologue polonaise, Elzbieta Rafalska, au sujet de l’avortement, à l’occasion du Sommet Mondial des femmes, un rassemblement international annuel.

 

Lors d’une « conversation cordiale et courtoise », Laurence Rossignol  « a cité à son interlocutrice l’exemple de la France où l’accès à l’IVG et à la contraception est libre mais la natalité beaucoup plus élevée qu’en Pologne, ce qui n’empêche pas une forte activité professionnelle des femmes ». « En France, la politique familiale est neutre et non moralisante », s’est-elle félicitée. Elle a ajouté que « la société française était ‘inquiète’ de la ‘marginalisation’ de la Pologne en la matière, et observant que l’interdiction de l’IVG poussait les femmes à l’avortement clandestin, cause fréquente de stérilité ».

 

Selon la ministre française, Elzbieta Rafalska lui aurait répondu « que ce dossier ne relevait pas de sa compétence et que le gouvernement polonais était sensible aux initiatives citoyennes démocratiques qu’il était obligé de laisser s’exprimer au Parlement ».

 

Actuellement, l’avortement en Pologne est autorisé dans trois cas : risque pour la vie et la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l’embryon, grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste. Un projet de loi citoyen visant à interdire l’avortement dans les deux derniers cas fait polémique depuis le mois de mars (cf. Pologne : Une proposition de loi pour restreindre l'avortement , Avortement : La Pologne blâmée par la Commission européenne ). Ce projet de loi a dépassé début juin le seuil des 100 000 signatures nécessaires pour être examiné par le Parlement.


Sources: 

AFP (9/06/2016)