Aux Pays-Bas, le « code de pratiques de l’euthanasie » ouvre le suicide assisté légal aux personnes âgées qui ne sont pas en stade terminal de maladie



Plus besoin d’être en phase terminale, ni même d’être malade aux Pays-Bas, les personnes âgées qui considèrent que leurs souffrances sont insupportables et dont la situation est sans perspective d’amélioration peuvent désormais recourir à l’euthanasie. Même si elles ne sont pas en stade terminal de maladie et peuvent avoir des années à vivre avant leur mort naturelle. C’est le message très clair inséré dans le nouveau code de pratiques pour l’euthanasie, mis à jour du premier publié en 2015, qui a été envoyé à tous les médecins généralistes des Pays-Bas.

 

Dans cette nouvelle version du « code de pratiques de l’euthanasie », on peut lire que « les conditions dégénératives normales qui accompagnent la vieillesse sont une raison suffisante pour le suicide assisté » : « Si un patient veut recevoir l'euthanasie, sa souffrance doit être de nature médicale. Mais il n'est pas obligé d'avoir une pathologie mortelle. Une accumulation de plaintes de vieillesse - problèmes de vue, problèmes d'audition, ostéoporose, arthrite, problèmes d'équilibre, déclin cognitif - peut causer une souffrance insupportable sans perspective d'amélioration ». Le code reconnaît toutefois une décision forcément « subjective » de l’évaluation de la souffrance du patient, qui reste « très personnelle ».

 

Ce code de pratiques veut répondre aux nombreuses critiques qui soulignent une loi trop souvent bafouée. Il est publié par les comités régionaux pour superviser la manière dont les médecins pratiquent l'euthanasie et les aider à comprendre comment ils seront évalués. Ces mêmes comités régionaux sont chargés de s'assurer que la loi a été respectée, et d’ouvrir, le cas échéant, une enquête. Les médecins vont donc probablement le lire avec beaucoup d’attention car « pour la première fois, être jugé négligeant par le comité de surveillance pourrait leur causer de graves problèmes juridiques ».

L’année dernière, le projet de loi « Completed Life Bill » qui proposait d’ouvrir l’euthanasie à tous les plus de 75 ans avait été reporté pour au moins 18 mois à cause du désaccord entre les partis politiques, le temps d’une étude sur le sujet. Cette loi ne semble plus d’actualité, le nouveau code de pratique s’étant lui-même chargé d’introduire l’euthanasie des personnes âgées sans maladie en phase terminale.

 


Sources: 

The Federalist, Emma Elliott Freire (22/06/2018)