Après l'Ukraine, la Géorgie. Des dizaines de bébés nés par GPA en attente.



En Géorgie, où les frontières sont fermées depuis le 18 mars à cause du Coronavirus, des dizaines de bébés nés par mères porteuses restent sans parents. L’absence de vols internationaux et les règles de mise en quarantaine repoussent leur livraison aux parents biologiques.

 

Les appels téléphoniques « passés à quatre des dix agences de maternité de substitution répertoriées en ligne (…) révèlent qu'au moins 40 bébés sont bloqués en Géorgie sans parents ». D'autres appels « sont restés sans réponse ou les personnes interrogées ont refusé de répondre » ce qui laisse penser que « le nombre pourrait être plus élevé ».

 

Propriétaire de l’agence Royal Surrogacy basée en Géorgie, l'américaine Ilana Bar Diddone a déclaré que « pour s'occuper de six bébés nés de parents américains et israéliens » son entreprise a recruté « des nounous ayant été 14 jours de quarantaine ». Mais « en raison de l'absence des papiers nécessaires » pour les remettre à de telles nounous, « plusieurs autres nourrissons sont bloqués dans les hôpitaux où ils sont nés ».

 

La Géorgie, où la maternité de substitution est légale depuis 1997, est une destination de plus en plus prisée pour la GPA. Si elle est théoriquement réservée « aux couples hétérosexuels ayant des problèmes de fertilité », en pratique « il n'existe pas de système officiel d'enregistrement des naissances ou de réglementation du secteur ». Le tarif planché « des forfaits de maternité de substitution commence à un peu plus de 25 000 $ », contre 100 000$ aux États-Unis. Par ailleurs, la Géorgie délivre facilement des visas et des autorisations de résidence aux futurs parents et elle « permet d’inscrire [leur nom] directement sur l'acte de naissance ».

 

Une géorgienne, mère célibataire de deux adolescents, rapporte avoir reçu 15600$ pour sa seconde maternité de substitution, soit l’équivalent de « presque trois fois le salaire annuel moyen de la Géorgie ». Ayant accouché pendant le confinement, elle était « prête à tout faire pour le bébé » mais « le contrat stipulait qu’elle ne devait avoir aucun contact avec lui après la naissance ». « Je pense beaucoup au bébé resté à l'hôpital sans ses parents », a-t-elle confié.

 

Pour aller plus loin :

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Sources: 

Eurasianet, Pearly Jacob (27/05/2020)