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Flash actu du jeudi 11 juin 2009
Les cellules iPS : une révolution scientifique qui n'a pas intéressé le premier forum des Etats-Généraux de la bioéthique
Le premier des trois forums publics des Etats-Généraux de la bioéthique, qui se
déroulait hier au Palais du Pharo à Marseille, avait pour sujet la recherche sur
l’embryon, le DPN et le DPI. Or, au terme de trois heures de discussions sur les
cellules souches embryonnaires, ce n’est qu’avant de conclure, et de manière
extrêmement fugitive, que les possibilités offertes par les cellules
reprogrammées (iPS), découvertes par le Pr. Yamanaka en 2007, furent enfin
évoquées. Comment expliquer ce silence au sujet d’une découverte de renommée
mondiale, qui remet fondamentalement en cause le bien-fondé du moratoire
permettant en France la recherche sur l’embryon ?
La loi française telle qu’elle fut adoptée en 2004 interdit en effet la
recherche sur l’embryon. Mais elle l’assortit d’un moratoire de cinq ans,
l’autorisant à titre dérogatoire, défini par deux conditions : l’exigence de
progrès thérapeutique majeur et l’absence de méthode alternative d’efficacité
comparable. La question posée aujourd’hui est la suivante : doit-on maintenir ce
moratoire ?
La pédagogie souhaitée par le Président de la République lors de ces
Etats-Généraux était celle d’un débat national. La réflexion telle qu’elle est
menée dans le premier forum public qui clôture cette période s’est présentée
sous la forme d’un dialogue entre un comité d’experts et un panel représentatif
de la population. Les 16 personnes qui le composaient avaient suivi deux
week-ends de formation devant leur permettre une réflexion de fond sur la
révision de la lois. Mais était-il vraiment possible à ce panel d’apprécier la
nécessité de poursuivre la recherche sur l’embryon si on lui a délivré une
information tronquée par l’omission de la « méthode d’efficacité comparable »
que représente la reprogrammation cellulaire ? Alors même que le gouvernement
japonais vient d’attribuer à la recherche sur les cellules iPS 40 millions
d'euros,
quand 300 laboratoires y travaillent déjà dans le monde, pourquoi la France
dissimule-t-elle une découverte de cette ampleur ?
Par peur de voir la recherche sur l’embryon définitivement interdite ? Mais
alors, où est l’ « honnêteté intellectuelle » ? Par ignorance ? Ce serait rendre
bien peu crédible la communauté scientifique française…Quoi qu’il en soit, si le
Professeur Menasché redoutait que l'interdit de toucher à l’embryon ne pénalise
la recherche, c’est bien plutôt le mépris des progrès enregistrés dans la
reprogrammation cellulaire qui risque d’entraîner la pénalisation, voire le
discrédit des chercheurs français…
