COMMUNIQUE  

de la Fondation Jérôme Lejeune

Stérilisation des personnes handicapées mentales :

Le législateur doit aujourd’hui prendre parti contre la discrimination des personnes handicapées

 

        Le projet de loi n°582 relatif à l’IVG et à la contraception est  débattu cet après-midi au Sénat. Il a inclus une disposition particulière concernant la stérilisation des personnes handicapées mentales que de nombreuses associations jugent discriminatoire à l’égard de ces personnes.

        Le Professeur Marie-Odile RETHORE, membre de l’Académie de Médecine, généticienne et dont les consultations auprès des personnes handicapées mentales au Centre Médical Jérôme Lejeune sont reconnues mondialement, s’inquiète de ces propositions :

1/ « Le drame du viol, de la blessure, de la peur, restera entier… »

        La stérilisation enlève le risque de grossesse et  rassure les établissements… De ce fait les établissements sont tentés par cette solution de facilité.  Mais si la stérilisation est pratiquée légalement il y aura inévitablement un relâchement  de l’attention et de l’encadrement face à la personne handicapée qui ne présentera plus « de risque de grossesse ». Il y aura plus de laisser aller et donc plus de situations douloureuses. Pour ces femmes handicapées mentales et surtout pour les plus dépendantes, le risque majeur est de se trouver exposées aux abus sexuels. Le drame du viol, de l’impudeur, de la blessure, de la peur, de la tromperie, restera entier. Une telle législation risque de mettre leur corps à la disposition de ceux, handicapés ou non,  qui voudraient en faire « un usage  sexuel »… Des exemples récents nous prouvent que c’est déjà trop souvent le cas.

 

2/ Ce projet de loi est une nouvelle discrimination à l’égard des personnes handicapées.

        Le projet précise que si « la personne est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision, son consentement doit être pris en compte ». Peut-on croire un instant que devant l’intérêt évident des structures d’accueil aucune pression, même douce, ne sera effectuée sur la personne handicapée mentale afin d’orienter son « consentement » ? On ne lui demande pas  son « choix » mais bien son « consentement »… Ce qui induit déjà la réponse. Comment aider la personne handicapée à résister à tant de pression ? Rien n’est prévu dans la proposition de loi pour garantir effectivement cette liberté de la personne handicapée. Une telle proposition de loi est dangereuse et hautement discriminatoire. Elle établit une nouvelle catégorie de personnes : celles à qui leur corps n’appartient plus.

        Un vote du Sénat cet après-midi contre cette disposition discriminatoire du projet de loi serait un pas vers la reconnaissance des personnes handicapées. Cela vaut plus qu’un débat en catimini : il faut une véritable concertation auprès des professionnels et des familles concernées.

Paris le 28 mars 2001.

 

 

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