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Le législateur peut répondre cet après-midi aux errements de la Cour de Cassation |
28
mars 2001
La
Cour de Cassation vient de décider de reporter sine die ses arrêts dans trois
affaires similaires à celle de Nicolas Perruche, alors qu’elle devait rendre
ses décisions aujourd’hui même.
C’est
désormais l’Assemblée plénière qui devrait se prononcer sur ces affaires
en lieu et place de la 2° chambre de la Cour de Cassation. En 6 mois, la plus
haute instance judiciaire est sollicitée pour émettre deux arrêts sur un même
sujet. « C’est une première dans les annales du droit » analyse Maître
beauquier, avocat du Collectif contre l’handiphobie. «De toute évidence, la
Justice ne sait plus véritablement où elle en est.» En convoquant l’Assemblée
plénière, la Cour estime que l’arrêt Perruche soulève des problèmes
juridiques non résolus et d’une importance d’une très grande gravité.
Pour autant, les juges sont dans l’incapacité de trancher. Ils sont obligés
de reporter sine die.
Il
est donc urgent que le législateur intervienne et donne un cadre au pouvoir
judiciaire.
Aujourd’hui
même, les sénateurs ont la possibilité de voter un amendement qui met fin à
ces errements. Présenté dans le cadre du projet de loi sur l’IVG, cet
amendement qui stipule que « nul n’est recevable à demander une
indemnisation du seul fait de sa naissance »empêche d’autres arrêts
Perruche.
Cet
amendement a été proposé aux élus (députés et sénateurs) par le Collectif
contre l’handiphobie dès le lendemain de l’arrêt Perruche et aurait pu être
voté également dans le cadre de la révision de la loi sur le handicap. Un
vote unanime cet après-midi serait enfin une réponse forte pour ceux qui
attendent un éclaircissement du législateur : les parents ayant un enfant
handicapé, les personnes handicapées elles-mêmes, le corps social et médical
de façon unanime, ainsi qu’une écrasante majorité de juristes, sans oublier
les juges eux-mêmes.
Le
Collectif contre l’handiphobie est né au lendemain de l’arrêt Perruche
(novembre 2000). En moins d’une semaine, 100 familles se sont mobilisées et
ont demandé à Maitre Antoine Beauquier de défendre leurs enfants handicapés
sur le terrain judiciaire. Médecin et père d’une petite Anne, trisomique,
Xavier Mirabel est à l’origine de cette initiative. Il est le porte-parole du
Collectif.
Aujourd’hui,
200 familles ont assigné l’Etat pour faute lourde dans l’exercice de la
justice. Le Tribunal de Grande Instance de Paris est chargé du dossier.
Pour
mener son action et fédérer les familles de plus en plus nombreuses qui
rejoignent le mouvement, le Collectif contre l’handiphobie s’est constitué
en association pour ajouter sa voix à celles des familles dans les actions en
justice actuellement en cours.
L’objectif
unique de l’association, conformément à ses statuts, est de lutter contre
toutes les discriminations basées sur l’apparence physique et la déficience
mentale.