Contre les propos handiphobes

15 novembre 2002

 

Le Collectif contre l'handiphobie assigne en justice Henry Caillavet, membre du Comité d'Ethique, ancien Ministre, pour faute intentionnelle, apologie de l'eugénisme et sélection au sein de la race humaine, ce vendredi 15 novembre 2002 au TGI de Paris.

Henry Caillavet a en effet osé affirmer, avec l'autorité que lui confère son rang de membre du CCNE : "permettre à un enfant handicapé de venir au monde est une faute parentale et peut-être même le témoignage d'un égoïsme démesuré" (acvis n°68 du CCNE, 15 juin 2001).

- Alors que s¹achève la semaine  pour l¹emploi des personnes handicapées, alors que le président Jacques Chirac a placé l'insertion des personnes handicapées comme une priorité de son quinquennat, alors que 2003 est l'année européenne du handicap et que la charte européenne des droits fondamentaux réaffirme le principe de non-discrimination des personnes handicapées, la société française peut elle accepter qu'une personnalité publique comme Monsieur Caillavet, puisse insulter les personnes handicapées et leurs parents ? Le Collectif contre l'handiphobie dont l'objectif est de lutter contre toutes les discriminations basées sur l'apparence physique et la déficience mentale demande à la justice de condamner les propos d'Henry Caillavet.

"Il y a des mots qui tuent" commente Antoine Beauquier, avocat du Collectif. "Les paroles de Monsieur Caillavet en sont". Devant la gravité du langage tenu de manière officielle par l'ancien ministre, nous exigeons sa radiation du Comité d'Ethique.

Pour faire barrage à l'avenir à de telles insultes et pour dire NON à l'handiphobie, le Collectif présente à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à condamner les propos handiphobes.

Au cours du procès, le vendredi 15 novembre, les personnes handicapées et leurs familles s'inviteront au Palais de Justice de Paris pour demander réparation : "NON aux nouveaux racistes".