Arrêt Perruche : Les familles répondent aux médecins

 6 mars 2001

 
La conférence de presse organisée ce jour par le Sou médical à Paris a révélé l’inquiétude grandissante du monde médical. Avec l’arrêt Perruche, le délit de gueule est désormais permis vis-à-vis des personnes handicapées, au corps défendant des médecins !

« Comment peut-on, dans un grand pays démocratique, laisser un tel arrêt mettre à mal la confiance dans le corps médical ?» s’étonne le Docteur Xavier Mirabel, porte parole du Collectif contre l’handiphobie.

Alors que le Comité d’éthique se tait, que le ministère de l’emploi et de la solidarité repousse le débat, que se profilent très prochainement d’autres affaires similaires à celle de Nicolas Perruche, et que la Sécurité sociale demande cyniquement un dédommagement pour la naissance d’un enfant handicapé, le corps médical exprime son malaise aujourd’hui.

En réponse, les parents du Collectif contre l’handiphobie qui vivent au quotidien le handicap affirment qu’il est urgent de clarifier la situation.

Le législateur doit oser prendre le problème à bras le corps dès la rentrée parlementaire  pour mettre fin à ce que le professeur Nisand appelle une « réification de l’être humain », porte grande ouverte à l’eugénisme.

Les familles demandent donc aujourd’hui solennellement qu’une disposition législative soit votée dès la rentrée parlementaire. « La vie constitue le bien essentiel de tout être humain, nul n’est recevable à demander une indemnisation du fait de sa naissance. Lorsqu’un handicap est la conséquence directe d’une faute et non de la nature, il est ouvert droit à réparation dans les termes de l’article 1382 du code civil.».

Pour mener son action et fédérer les familles de plus en plus nombreuses qui rejoignent le mouvement, le Collectif contre l’handiphobie a décidé de se constituer aujourd’hui même en association pour ajouter sa voix à celles des familles dans les actions en justice actuellement en cours
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