L’IVG
en
France
PROPOSITIONS
POUR
DIMINUER
LES DIFFICULTES
QUE
RENCONTRENT LES FEMMES
RAPPORT REALISÉ A LA DEMANDE DE
MADAME
MARTINE AUBRY
MINISTRE DE L’EMPLOI ET DE LA SOLIDARITE
ET DE
MONSIEUR
BERNARD KOUCHNER
SECRETAIRE D'ETAT A LA SANTÉ ET A L'ACTION SOCIALE
I.
NISAND
Février 1999
Le contrôle des naissances
est un droit fondamental des femmes. L’accès à l’interruption volontaire de grossesse
reconnu par la loi n°75.17 du 17 janvier 1975 reste cependant parfois difficile
pour les femmes qui rencontrent encore, en 1998, des difficultés dans
l’exercice de cette liberté[1].
Chaque femme connaît en moyenne une grossesse non désirée dans son existence et
l’interrompt une fois sur deux.
Bien que les
caractéristiques socio-démographiques des femmes qui ont recours à l’IVG soient
très proches de celles observées en 1976, on peut cependant observer une légère baisse du nombre des IVG dans
notre pays qui traduit probablement une meilleure utilisation et un
meilleur accès à la contraception[2].
Les complications médicales
sont des plus réduites et les complications psychologiques encore mal évaluées
en particulier chez les adolescentes. La
légalisation de l’avortement n’a pas entraîné sa banalisation, pas plus qu’elle
n’a conduit au relâchement de la contraception. L’avortement en France joue
essentiellement un rôle palliatif lors de l’échec de la contraception.
La loi de 1975 est
globalement bien appliquée. Des difficultés subsistent cependant du fait d'une
certaine inhomogénéité dans son application et pour d’autres causes qu'il est
possible de prévoir, voire d'anticiper.
Le recrutement des
professionnels pose un problème complexe dans le contexte médical et
hospitalier actuel. La réponse insuffisante du service public tant en quantité
qu’en qualité, tout particulièrement dans les grandes villes, et certaines
limitations imposées par la loi aux mineures et aux étrangères devraient être
reconsidérées. Le délai légal de 10 semaines de gestation pèse tout
particulièrement sur les femmes en situation de précarité et aggrave les
inégalités sociales[3] dans
ce domaine où le recours aux soins est souvent tardif voire impossible chez des
femmes isolées à tout point de vue.
Le paradoxe de l’IVG réside
bien dans l’accès à la maternité heureuse qui est permis lorsque la grossesse
est pleinement désirée par la mère. En donnant aux femmes la possibilité de
maternités librement choisies, on améliore la manière dont les grossesses se
déroulent. La qualité de la relation parents-enfant est également très
dépendante du désir de maternité de la mère.
Outre les problèmes d’équité
représentés par l’égalité d’accès aux soins et le droit à la confidentialité de
la vie intime, l’IVG a une réelle incidence sur la santé publique compte tenu
du nombre de femmes concernées chaque année.
Même s’il existait une
politique encore plus volontariste de prévention des grossesses non désirées,
il persisterait toujours des demandes d'IVG parce que les méthodes
contraceptives ne sont ni parfaites ni parfaitement utilisées et qu’il y a une réelle différence entre désir de
grossesse et désir d’enfant.
"Il ne faut ni opposer
contraception et avortement, en pensant que l'un est le substitut automatique
de l'autre, ni croire qu'ils vont automatiquement de pair. La décision de
recourir à l'IVG n'est pas de même nature que celle d'utiliser la pilule ou le
stérilet... en matière de régulation des
naissances, c'est la motivation qui
prime sur la technique. De ce fait, elle l'emporte aussi le plus souvent
sur la loi, quand celle-ci se borne à faciliter ou restreindre "l'accès
aux différentes techniques"[4].
On a ainsi pu calculer que
si on augmentait la prévalence de la contraception de 50% on ne diminuerait que
de 32% le nombre d’IVG[5].
L’avortement reste bien l’expression d’une contradiction entre le désir des
femmes et les réalités sociales, économiques et familiales.
Ces considérations
justifient pleinement la vigilance des pouvoirs publics sur l’accès correct à
l’IVG dans le secteur public. Or la
situation de l’IVG dans le secteur public est fragile et peut se dégrader dans
les années à venir si l'IVG n'est pas intégrée normalement à l'activité
quotidienne de tous les services publics de gynécologie obstétrique.
L’objet de ce rapport est
- de réexaminer la
situation française actuelle,
- d’apprécier
l’efficacité des structures
- d'évaluer les
difficultés rencontrées par les services qui répondent à la demande d’IVG dans
les secteurs publics[6]
et privés,
- et de faire des
propositions concrètes susceptibles d’améliorer le sort des patientes qui, pour
une raison ou pour une autre, recourent à l’IVG.
EPIDEMIOLOGIE
DE l’IVG EN FRANCE
L'IVG est, en France, le
seul acte médical ou médico-chirurgical, dont la réalisation nécessite une
déclaration pour ne pas être illégal. Les bulletins statistiques individuels,
anonymes, sont adressés sous plis confidentiels par les établissements
hospitaliers aux médecins inspecteurs régionaux des DRASS qui les remettent
ensuite à la Direction Générale de la Santé et à l'INSEE.
L’article 16 de la loi de 75
charge l’INED, en liaison avec l’INSERM, d’analyser et de publier les
statistiques de l’IVG en France à partir du document de déclaration obligatoire
anonyme théoriquement rempli lors de chaque IVG
La France dispose ainsi
d’informations statistiques qui permettent de décrire l’évolution du recours à
l’IVG depuis 76, certes avec quelques imperfections[7]
mais avec cependant une bonne pertinence[8].
Ces statistiques sont publiées annuellement[9]
et les dernières données disponibles portant sur l’année 93[10]
ont été publiées en 1994.
Bien que l’obligation de
déclarer les IVG ne soit pas toujours respectée[11],
il est possible d’estimer la sous-déclaration par divers recoupements de
discontinuités territoriales et temporelles et d’obtenir ainsi un nombre
approximatif des IVG réalisées chaque année sur le territoire français. La
sous-déclaration quantifiée à partir des statistiques d'activité hospitalière
est de 12% pour l'ensemble de la métropole; elle se répartit en 5% dans le
secteur public et 25% dans le secteur privé avec d'importantes variations selon
les régions[12].
Le rapprochement des
bulletins d'IVG et des statistiques d'activité hospitalière permet d'évaluer à
25 000 par an les IVG non déclarées.
Ces données, à l’évidence
représentatives de ce qui se passe dans la réalité, permettent de dire que le recours à l’IVG est moins fréquent dans
les dernières années, que lors de sa
légalisation en 75.
- L’augmentation des
IVG observée entre 76 et 83 est attribuable à une amélioration progressive de
l’enregistrement.
- Entre 84 et 91, on
observe une certaine stabilité à laquelle succède une légère baisse au cours
des dernières années.
Toutes les catégories socioprofessionnelles
ont recours à l’IVG[13].
La France se situe à une
place moyenne dans l’Europe[14].
On avorte plus qu’en
Angleterre ou aux Pays Bas (0,3 avortement par femme), mais moins qu’en Italie
et qu’en Europe de l’Est.
Evolution des IVG pratiquées
et déclarées d’après Chantal Blayo (INED)
|
|
IVG pratiquées |
IVG déclarées |
Taux par femme |
Taux pour 100 N-nés |
|
1976 |
250 000 |
134 000 |
0,67 |
34,8 |
|
1994 |
220 000 |
163 000 |
0,52 |
31,6 |
Les méthodes efficaces de contraception
ont permis une diminution des naissances non désirées et des naissances mal
planifiées[15]. A
la fin des années 80 en France, on peut estimer le nombre de grossesses
non désirées ou non planifiées à environ 350 000 par an ayant entraîné 200 000 IVG,
auxquelles il faut ajouter 75 000 naissances non désirées et 75 000 naissances
mal planifiées[16].
L'accès à l'IVG suppose un
certain niveau d'information : il existe en effet des inégalités sociales dans
la possibilité d'avoir recours à l'avortement et ceci a été démontré en
Angleterre[17] chez
les adolescentes où le pourcentage d'avortements chez les moins de 20 ans
est d'autant plus élevé que l'on se trouve dans une région plus favorisée sur
le plan économique.
Aux Etats-Unis[18],
le pourcentage de grossesses non planifiées est plus élevé dans les groupes
sociaux défavorisés mais, en cas de grossesse non planifiée, le taux
d'avortement est plus élevé dans les groupes intermédiaires que dans les
groupes défavorisés.
L’analyse des femmes
concernées montre que ce sont essentiellement les femmes qui vivent seules qui
ont recours à l’IVG. On observe par ailleurs entre 80 et 89 une augmentation de
la pratique contraceptive à tous les âges (diminution du nombre des conceptions
pour 100 femmes) et une augmentation relative[19]
de la proportion d’IVG chez les femmes de moins de 24 ans (dont une proportion
grandissante se trouve non mariée).
A âge et état matrimonial identiques, il y a partout diminution de la
proportion des conceptions terminées par un avortement. Les taux d’avortement aux
jeunes âges, comparés à ceux d’autres pays d’Europe Occidentale, restent
relativement peu élevés en France.
Avortements pour 100
conceptions selon l'année de conception[20] :
|
Age atteint l'année de la conception |
Femmes mariées |
Femmes non mariées |
Ensemble |
|||
|
|
1980 |
1989 |
1980 |
1989 |
1980 |
1989 |
|
14-15 |
9,7 |
7,3 |
66,8 |
64,7 |
59,9 |
61,9 |
|
16-17 |
3,9 |
3,9 |
62,2 |
56,1 |
44,9 |
50,4 |
|
18-19 |
4,5 |
4,5 |
59,8 |
44,6 |
32,7 |
35,9 |
|
20-24 |
7,0 |
7,0 |
56,0 |
35,3 |
18,7 |
19,4 |
|
25-29 |
11,5 |
11,5 |
47,5 |
29,0 |
16,5 |
13,7 |
|
30-34 |
21,6 |
21,6 |
45,6 |
28,6 |
24,7 |
18,3 |
|
35-39 |
40,3 |
40,3 |
50,7 |
35,2 |
41,8 |
29,6 |
|
40-44 |
64,4 |
64,4 |
62,7 |
46,2 |
64,2 |
47,7 |
|
15-44 |
14,8 |
12,1 |
53,9 |
34,1 |
22,8 |
20,0 |
Des grossesses trop
rapprochées, un état de santé déficient, un logement trop exigu pour accueillir
un enfant de plus, une instabilité du couple ou une instabilité financière (mari
ou concubin ou femme elle-même en voie de licenciement, au chômage ou RMI comme
seul revenu) sont les principales causes de la demande d'IVG. Toutes ces
difficultés sont généralement accrues pour les femmes étrangères qui, par
tradition, culture ou religion, sont sans doute plus réticentes à l'utilisation
de la contraception.
Les difficultés sont
également accrues pour les mineures qui ne savent pas toujours où s'adresser et
cachent leur grossesse dans la plus grande solitude jusqu'à risquer de dépasser
le délai légal.
Les IVG enregistrées en 1990
(170 428 bulletins) correspondent à des taux de 22/100 naissances (30/100 après
correction de la sous-déclaration) et de 13/1000 femmes de 15 à 44 ans[21].
En 1990:
- 51% des femmes ayant eu une IVG étaient
célibataires
- 10% avaient moins de 20 ans
- 7% avaient 40 ans et plus
- 42% n’avaient pas d’enfant
- 16% avaient 3 enfants ou plus
- 22% avaient déjà eu une IVG auparavant.
Le nombre des avortements de premier rang n’a cessé de diminuer, ce qui
témoigne d’une meilleure maîtrise de la reproduction.
On observe, en revanche, une
augmentation des avortements répétés et ce pour 2 raisons:
- une meilleure déclaration de ceux-ci par les femmes qui
ont recours à l’IVG actuellement
- une évolution de la structure par âge de la population
favorable aux IVG de rang 2 qui surviennent à des âges plus tardifs.
Evolution
du rang des IVG d’après Chantal Blayo (INED)
|
|
1er rang |
> 1er rang |
|
1976 |
0,60 |
0,07 |
|
1994 |
0,39 |
0,13 |
L'enquête de l'INED de 88
montrait[22] que
74% des femmes de 20 à 44 ans utilisaient une contraception, tandis que
24% de ces femmes n'avaient pas besoin de contraception (grossesse ou désir de
grossesse, absence de rapport ou stérilité). Seules 2% des femmes étaient
exposées à un risque de grossesse, ne voulaient pas d'enfant, et malgré tout,
n'utilisaient pas de contraception.
A la fin des années 80, 67%
des femmes utilisaient une méthode de contraception lors du premier rapport[23]
et 13% des femmes commençaient à utiliser une contraception juste après le
premier rapport. En, 1993, 84% des femmes utilisaient une contraception lors du
premier rapport sexuel. L'augmentation était due principalement à l'usage plus
fréquent du préservatif chez les jeunes (dont on sait qu'il est insuffisant
dans cette population pour assurer une bonne efficacité). Les méthodes
contraceptives fiables (pilule et DIU) ont en outre remplacé les méthodes
traditionnelles et « naturelles » (retrait).
Si les différentes méthodes
ont des efficacités diverses, c’est plus la motivation des utilisatrices qui
conditionne l’efficacité réelle. Malgré une augmentation de l’accessibilité à
certaines contraceptions encore peu utilisées (pilule du lendemain,
contraception locale), il restera toujours un nombre incompressible de
grossesses non désirées.
Chaque femme connaît en moyenne dans sa vie une grossesse accidentelle
et une fois sur deux, elle décide de l’interrompre[24], plus souvent lorsqu’elle
vit seule ou n’a pas d’emploi.
Les femmes qui ont recours à
l’avortement au même titre qu’à un autre moyen de contraception sont plus
jeunes au premier avortement et courent un risque plus grand d’avortement
répété. La probabilité de subir un avortement supplémentaire augmente avec le nombre
d'avortements antérieurs. Chez les femmes qui ont avorté en 1976, cette
probabilité passe de 15% si elles en étaient à leur premier avortement, à 22%
et 28% si elles avortaient pour la 2e ou la 3e fois, et ces 2 dernières
fréquences sont stables.
Probabilité d'un avortement supplémentaire[25]
|
Nb d'IVG antérieures |
1976 |
1985 |
|
1 |
0,15 |
0,18 |
|
2 |
0,22 |
0,22 |
|
3 |
0,28 |
0,28 |
Ces chiffres montrent le
rôle de l'avortement dans notre pays où il est plus palliatif d'échec de contraception
que substitué à celle-ci.
Dans les pays où la
contraception est peu diffusée, la probabilité d'avoir un deuxième avortement
est proche de 60% (Hongrie), et la part des avortements de rang "2 et
plus" est toujours supérieure à 50%. Même aux Pays Bas qui ont le plus
faible taux d'avortement par femme (0,15), la répétition de l'avortement chez
les femmes qui en ont subi un est de niveau comparable à celui observé en
France. L'ambivalence vis-à-vis de la grossesse ou de la naissance d'un enfant
est souvent associée au choix de méthodes moins efficaces ou à une moins bonne
observance des règles d'utilisation du contraceptif (par ailleurs efficace)
utilisé.
A un âge donné, et quel que
soit cet âge, la probabilité d'avoir un avortement supplémentaire augmente avec
le nombre d'avortements déjà subis mais aussi avec l'âge lors du premier
avortement: avoir eu un premier avortement à 15-17 ans, ou 2 avortements à
20 ans, c'est appartenir à un groupe de femmes plus enclines que d'autres à
recourir à ce mode de prévention des naissances. Chez les femmes ayant avorté
en 1979, alors qu'elles étaient âgées de 20 à 25 ans, la probabilité de
subir un nouvel avortement dans les 12 années qui suivent a été de l'ordre de
20% si l'avortement de 79 était le premier, de 26% si c'était le deuxième et de
plus de 40% si c'était le troisième.
Quoi qu’il en soit, le
nombre de femmes qui subiront au moins une fois dans leur vie un avortement est
en baisse, sauf pour les femmes jeunes qui sont moins souvent enceintes, mais
qui, lorsqu’elles le sont, ont recours plus souvent à l’IVG.
Pour la très grande majorité des femmes (5/6), le recours à
l’avortement est accidentel et unique. L’IVG en
France n’est donc pas un moyen de contraception, même pour les femmes qui y
ont recours plusieurs fois dans leur vie.
On peut cependant isoler une
catégorie de risque épidémiologique particulier, les mineures. En effet, le
risque d'une utilisation répétitive de l'avortement est plus grand lorsque le
premier avortement a été subi avant 20 ans.
Le coût de l'IVG pour la collectivité est assez difficile à
établir[26].
La tarification sous forme de forfait ne prend pas en compte des examens exigés
par certains praticiens préalablement à l'intervention (échographies et examens
biologiques) ou certaines prescriptions faites à l'issue de
l'intervention :
ces actes sont remboursés par les organismes de sécurité sociale dans les
conditions habituelles. Il arrive donc que les examens biologiques soient
remboursés deux fois, la première au titre des examens préalables demandés par
le praticien, la deuxième au titre du forfait qui comporte déjà des actes de
biologie dont la valeur est cotée B 50. Seule la charge financière
correspondant aux forfaits et incombant à l'Etat est connue avec précision[27].
Il serait donc logique de
sortir le forfait pour examens biologiques de l'arrêté tarifaire[28],
ces examens étant remboursés, comme tous les autres actes connexes à l'IVG à
leur cotation réelle et, d'autre part, d'utiliser pour les dépenses restant au
forfait la procédure de remboursement de droit commun en maintenant, pour des
raisons statistiques, une cotation spécifique pour l'IVG.
Si la libéralisation de
l'avortement n'a pas produit d'augmentation des IVG, la diffusion large, en
revanche, d'une contraception médicalisée et efficace n'a pas fait diminuer
aussi rapidement qu'on aurait pu l'espérer le nombre d'avortements.
"Il n'y a pas de
contradiction entre une pratique contraceptive rigoureuse et répandue et une
résistance à une baisse rapide du nombre des avortements. Une grossesse refusée
n'est pas nécessairement le fruit d'une conception involontaire ; elle
peut résulter d'une pression de l'entourage à laquelle la femme a finalement
cédé"[29].
Contraception et avortement ne s'opposent donc pas toujours nécessairement.
LES STRUCTURES
D’ACCUEIL
Trois types de structures
publiques coexistent à l'heure actuelle :
1- Des centres autonomes ou CIVG sous la responsabilité médicale des
médecins qui y travaillent souvent comme vacataires et sous la responsabilité directe
du directeur de l'établissement. Ces centres ont été créés à une période où
certains chefs de service, faisant valoir à titre personnel la clause de
conscience, refusaient à leurs collaborateurs l'autorisation de faire des IVG
dans les services dont ils avaient la charge.
Ces centres ne sont pas représentés dans les instances consultatives et délibératives de l'établissement où ils se trouvent. Leurs besoins sont donc mal pris en compte. Le budget global et les restrictions de lits, ajoutés à la disparition du militantisme des premières années et à la mauvaise représentation de cet acte chez les médecins, risquent d'affaiblir ces structures si rien n'est fait, d'autant qu'elles sont parfois cantonnées, par la force des choses, à une pratique exclusive de l'IVG