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Les problèmes éthiques
Position du problème :

La principale difficulté réside dans la confrontation entre droit à la vie pour chaque être humain et liberté de la femme. Ici, ce n’est pas un problème de réification de l’embryon (ce qui est différent dans le cas des embryons in vitro) car réifier, c’est traiter une entité comme un moyen et non comme une fin, c’est instrumentaliser or ici, le débat se place sur le terrain de la vie ou de la mort du foetus.
La femme a une liberté de choix quant à la décision à prendre or ce choix apparaît limité dans la mesure où il existe peu de solutions curatives.
L’IMG aurait donc une logique d’eugénisme pragmatique, c’est-à-dire qu’elle conduit par "l’intérêt immédiat" de la collectivité à ne pas supporter des éléments « déficients » : on sait qu’ils sont coûteux, qu’ils nécessitent des soins et une attention constants. Ainsi, le Docteur Jacques Milliez, chef du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Saint Antoine à Paris a exprimé son sentiment : « Notre métier, c’est la vie ; l’interrompre est douloureux, mais c’est aussi notre responsabilité de décider si l’intérêt probable du fœtus destiné à une vie impossible est de ne pas vivre. On appelle ça une IMG, mais c’est de l’eugénisme.
De plus, certains médecins, sous la pression des juges et des affaires dans ce domaine, préfèreront ne prendre aucun « risque » et recommanderont une IMG simplement en cas de doute et non seulement en cas de certitude. En effet, les parents ont de plus en plus tendance à porter plainte contre l’échographiste au motif qu’il n’a pas diagnostiqué le handicap (cf.
dossier sur l'arrêt Perruche).
Selon le Professeur Israël Nisand, chef du service de gynécologie obstétrique du syndicat Inter-Hospitalier de la Communauté Urbaine de Strasbourg, « on peut redouter que peu à peu, un système de sélection des enfants à naître ne devienne la nouvelle norme du bon soin prénatal en France, conduisant à l’élimination en toute bonne conscience non seulement des enfants malformés, mais également de ceux dont on doute ». Ainsi, on en arrive à « la sélection des enfants à naître par une société en proie au fantasme de maîtrise absolue de sa santé qui transforme le corps en produit et la reproduction en production. »

Quelques chiffres relatifs à l’IVG :

On assisterait véritablement aujourd’hui à une banalisation de l’IMVG depuis sa libéralisation en 1975. Tout se passe comme si la loi avait institué, non point une tolérance, mais un droit à l’avortement.
Quelques chiffres illustrent à eux seuls cette banalisation : près de 214 000 IVG sont pratiquées en France chaque année (ce chiffre comprend les 3 000 interruptions de grossesse pour motifs médicaux). Il y aurait environ 1 avortement pour 3 naissances (220 000 pour 750 000). Le nombre d’IVG a augmenté en France de 6% entre 1993 et 1998 et ce, malgré le développement des moyens de contraception.
Selon le Professeur Nisand, chaque femme connaît en moyenne dans sa vie "une grossesse accidentelle" et une fois sur deux elle décide de l’interrompre.
En ce qui concerne plus particulièrement l’IMG, 18 000 enfants naissent chaque année avec une malformation.

Dans le journal « La Croix » daté du 27 avril 2000, Israël Nisand annonce des chiffres alarmants :

- 550 000 femmes enceintes sur 750 000 ont bénéficié d’un dépistage prénatal par les marqueurs sériques maternels (simple prise de sang)
- pour 10% de ces femmes, il y avait un risque accrû de trisomie donc elles ont fait un diagnostic prénatal (une amniocentèse) : soit 55 000 femmes.
- Cet examen entraînant la mort du fœtus dans 1 à 2% des cas, on a ainsi provoqué au minimum 550 fausses couches alors qu’on a décelé « seulement » 280 trisomies !
On a donc avorté deux fœtus sains pour un fœtus trisomique

Notons qu'en France, 100 millions d'euros sont consacrés chaque année par les pouvoirs publics au dépistage prénatal de la trisomie 21 tandis qu'aucune politique de recherche publique finance la recherche sur la trisomie 21.