Parlement européen
Commission temporaire sur la génétique moderne et les autres technologies nouvelles de la médecine moderne
Document de travail sur les implications sociales, juridiques, éthiques et économiques de la génétique humaine.
Rapporteur : Francesco Fiori
www.europarl.eu.int/meetdocs/committees/gene/20010618/440768FR.pdf
La thérapie génique et l'Union Européenne
I) Situation du secteur européen de la thérapie génique (1)
Les changements qui se sont produit dans le secteur européen de la thérapie génique sont synthétisés dans le tableau 1. Toutes les données disponibles indiquent une croissance spectaculaire du secteur au cours des 42 derniers mois. Il faudrait surtout souligner l’augmentation de la quantité d’expérimentations cliniques, du nombre des entreprises qui organisent les expérimentations et des collaborations entre entreprises, car il s’agit de bons indices de la maturité du secteur.
L’évolution du secteur en Amérique du Nord au cours de la même période a été beaucoup moins spectaculaire (voir tableau 2). L’augmentation de 50 % du nombre des sociétés peut en partie s’expliquer par l’identification des sociétés de thérapie génique fondées avant 1996. La seule augmentation importante a été celle du nombre de collaborations entre sociétés américaines de thérapie génique. Cet élément cache un des changements les plus marqués du secteur : un processus de consolidation au cours duquel six entreprises ont été reprises. Cette tendance n’en est qu’au début en Europe, mais semble certain qu’elle s’accélérera.
|
|
1996 |
Mai 2000 |
Évolution en % |
|
Nombre de
sociétés |
10 |
26 |
+ 160 |
|
Nombres de
sociétés |
1 |
4 |
+300 |
|
Nombre d’employés |
299 |
735 |
+145 |
|
Nombre
d’entreprises |
3 |
11 |
+270 |
|
Nombre d’expériences cliniques sponsorisées par des entreprises |
5 |
21 |
+320 |
|
Nombre de collaborations |
3 |
39 |
+1200 |
Tableau
1. Changements dans le secteur européen de la thérapie génique 1996-2000
|
|
1996 |
Mai 2000 |
Evolution en % |
|
Nombre de
sociétés |
16 |
24 |
+50 |
|
Nombres de
sociétés |
8 |
8 |
0 |
|
Nombre d’employés |
911 |
1009 |
+10 |
|
Nombre
d’entreprises |
14 |
16 |
+15 |
|
Nombre de collaborations |
48 |
123 |
+150 |
Tableau 2. Changements dans le secteur nord-américain de la thérapie génique 1996-2000
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|
Industrie européenne |
Industrie americana |
Rapport en % Etats-Unis/Europe |
|
Nombre de
sociétés |
26 |
24 |
-10 |
|
Nombres de
sociétés |
4 |
8 |
+100 |
|
Nombre d’employés |
735 |
1009 |
+37 |
|
Nombre
d’entreprises |
11 |
16 |
+45 |
|
Nombre de collaborations |
39 |
123 |
+215 |
Tableau 3. Comparaison des industries de thérapie génique en Europe et aux USA en termes de poids et de maturité – mai 2000
En ce qui concerne les autres entreprises qui sont concernées par la thérapie génique, le nombre de sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques de grandes dimensions qui s’intéressent de près à ce domaine en Europe (9) est plus ou moins comparable à celui des États-Unis (11). De plus, le nombre de petites et moyennes entreprises biotechnologiques qui mènent des programmes significatifs dans ce domaine est également similaire des eux côtés de l’Atlantique.
Pour conclure, le secteur européen de la thérapie génique s’est transformé au cours de ces 42 derniers mois et son poids ainsi que sa maturité sont maintenant bien plus comparables à son équivalent nord-américain.
(1)Source : Études sur l’impact socio-économique des biotechnologies – La thérapie génique en Europe : exploitation et développement commercial – BI04-98-0380 – Commission européenne,DG Recherche
II) La production nationale et européenne en matière de recherche sur la thérapie génique.
Ce chapitre présente le cadre général de la taille et de l’organisation de la recherche sur la thérapie génique dans le secteur public en Europe. Y est surtout estimée la production de publications dans le secteur.
Les détails de la publication d’études en Europe en matière de thérapie génique se trouvent dans le tableau 4 (1) pour les deux périodes suivantes : 1991-1995 (cinq ans) et 1996-2000 (quatre ans et quatre mois).
|
Pays |
Documents |
Total
Europe |
Documents |
Total
Europe |
Évolution |
|
Autriche |
3 |
0.8 |
9 |
0.9 |
+
0.1 |
|
Belgique |
2 |
0.5 |
25 |
2.6 |
+
2.1 |
|
Danemark |
9 |
2.4 |
10 |
1.1 |
-
1.3 |
|
Finlande |
1 |
0.3 |
16 |
1.7 |
+
1.4 |
|
France |
100 |
26.4 |
194 |
20.4 |
-
6.0 |
|
Allemagne |
58 |
15.3 |
191 |
20.1 |
+
4.8 |
|
Grèce |
0 |
0 |
4 |
0.4 |
+
0.4 |
|
Irlande |
0 |
0 |
1 |
.01 |
+
0.1 |
|
Italie |
24 |
6.3 |
80 |
8.4 |
+
2.1 |
|
Pays-Bas |
28 |
|
33 |
3.5 |
-
3.9 |
|
Norvège |
0 |
7.4 |
3 |
0.3 |
+
0.3 |
|
Portugal |
0 |
0 |
5 |
0.5 |
+
0.5 |
|
Espagne |
3 |
0 |
18 |
1.9 |
+
1.1 |
|
Suède |
2 |
0.8 |
20 |
2.1 |
+
1.6 |
|
Suisse |
8 |
0.5 |
38 |
4.0 |
+
1.9 |
|
Royaume-Uni |
140 |
2.1 |
304 |
32.0 |
-
5.3 |
|
Total |
379 |
37.3 |
951
(+150%) |
100 |
|
|
Total |
1465 |
100 |
3190(+117%) |
|
|
Tableau 4. Production européenne de publications sur la thérapie génique (1991-1995) et (1996-2000)
La forte augmentation totale des publications sur la thérapie génique (+ 117 %) entre les deux périodes considérées est le premier aspect du tableau 4 qui soit digne d’être relevé ; Cependant, les publications européennes ont augmenté à un rythme encore plus élevé (+ 150 %). Ainsi, la proportion européenne du total mondial est passée de 26 % à 30 %, ce qui la rapproche de la proportion moyenne européenne de toute la production de publications scientifiques biomédicales. Puisque la production de publications au niveau mondial en matière de thérapie génique est dominée par les États-Unis, il semblerait donc que l’Europe s’en rapproche.
Des changements importants ont eu lieu en Europe. D’abord, la proportion du Royaume-Uni et de la France s’est réduite (respectivement de 5,3 % et de 6,3 %). Cependant, la proportion du total mondial du Royaume-Uni est restée pratiquement identique à 9,5 % tandis que le pourcentage français a légèrement baissé en passant de 6,8 % entre 1991 et 1995 à 6,1 % entre 1996 et2000. La proportion du Danemark et des Pays-Bas a connu une baisse encore plus marquée.
L’augmentation la plus forte et la plus remarquable de la proportion européenne est celle de l’Allemagne qui a toujours été sous-représentée dans ce secteur. Les scientifiques allemands ont augmenté leur proportion de la production européenne, qui est passée de 15 % à 20 %. La proportion allemande de la production mondiale, quant à elle, a augmenté de 50 % (de 4,0 % à 6,0 %. Cela représente sans doute un processus de récupération et reflète mieux le poids véritable de l’Allemagne en matière de recherche biomédicale en général. On a également constaté une amélioration en Italie et en Belgique.(1)Les informations comprises dans ce tableau proviennent de Scientific Informations’s (ISI) Science Citation Index (SCI) qui a recherché les publications contenant le terme « thérapie génique » dans le titre pour chaque pays. Il est utile de mentionner que cette technique comprend une certaine marge de « double comptage » lorsque sont publiés des documents des mêmes auteurs dans plusieurs langues. L’ISI se penche sur plus de 3 500 publications parmi les plus importantes revues scientifiques dans le monde. L’OSCI publie des données relatives aux documents auxquels se réfère l’ISI. Les pays anglophones sont en majorité, car la majeure partie des revues est en anglais. Malgré ce fait, ces données sont le meilleur reflet des productions nationales de publications.