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Le
dépistage néonatal est le moins discutable des dépistages génétiques :
l’enfant est déjà né et les arguments sont formulés en termes de réussite
d’une intervention pour soigner une maladie.
Le diagnostic prénatal obligatoire tel qu'il est pratiqué aujourd'hui
fait l’objet d’une importante controverse. Il implique un choix
difficile pour les parents et n’a aucun sens si l’interruption de
grossesse n’est pas placée sur la liste des interventions possibles. Le
but avoué est la réduction du nombre d’enfants atteints. Ce n’est
plus une politique de prévention mais de sélection.
Il existe donc des risques tangibles de dérives eugéniques : ceux-
ci justifient l’encadrement éthique et juridique des examens réalisés
au cours de la grossesse (prénatal) ou avant la transplantation dans le
cadre de la FIV. Ce dernier concerne le diagnostic préimplantatoire (DPI).
(cf : dossier
sur le DPI).
Si l’on va jusqu’au bout de la logique du DPI, les enfants à naître
pourraient devenir des objets, des « bébés-médicaments »,
ce que le Comité consultatif national d’éthique français ne semble
pas interdire, ouvrant ainsi une brèche dangereuse (avis
n°72 du CCNE sur l'extension du DPI).
Plus encore, si l’on autorise le DPI, il est
tout aussi logique d’autoriser la recherche sur l’embryon et, ensuite,
le clonage. Il n'y a plus de barrière.
Le rapport au Premier ministre de Mme
Noëlle Lenoir mesurait l’impact de cette technique : « le
développement du DPN est inéluctable et irréversible…le DPN libère
les parents de la fatalité génétique mais les contraint à peser sur le
destin de l’être en devenir. »
La principale difficulté éthique concerne la détermination des critères
de choix entre les enfants qui méritent de venir au monde et ceux à qui
on refuse ce droit.
Il est certain que la référence à la qualité de vie ne permet pas de définir
une norme.
Pourtant, il existe un consensus, officiel seulement, dans notre démocratie
pluraliste sur le recours à l’IMG pour éviter la venue au monde
d’enfants malformés et condamnés à mourir dans de grandes
souffrances.
En l’état actuel du droit, un couple peut décider de recourir à un avortement quand il apparaît que l’enfant à naître est atteint d’une pathologie ou d’une malformation héréditaire.
Et
si on posait la question aux personnes handicapées ?
Telle est la
question posée par D.Moyse et N.Diederich aux
personnes handicapées : « ces
techniques sont-elles ressenties par les personnes handicapées comme une
invalidation de leur vie ou au contraire, devant les difficultés
occasionnées par une déficience, perçues comme un progrès ? »
D.Moyse et N.Diederich ont mené une étude de plus de 3 ans sur ce
sujet "Les
personnes handicapées face au DPN".
Le
DPN s’étend peu à peu vers un DPN d’affection : c’est le cas
du dépistage des thalassémies .
La plupart des couples informés ont accepté l’examen, qu’ils aient
eu un enfant atteint précédemment ou pas. Moins de 10% des couples ont
refusé par peur de complications ou pour des raisons d’éthique
personnelle.
Cela apparaît comme un eugénisme « individuel » ou «
domestique » qui, sous couvert médical, accepte et réclame parfois
qu’on supprime ceux dont la vie s’écarterait par trop des
normes convenues.
Ainsi, le docteur Romain Favre, responsable du département d’échographie
au centre médico-chirurgical et obstétrical de Strasbourg, regrettait
« qu’une grossesse initialement voulue soit remise en cause par
une intervention médicale, quand l’anomalie découverte est
parfaitement compatible avec la vie ». Et de citer les lésions de
membres « qui sont parfaitement bien vécues par les individus et
ne justifient aucunement un avortement. » (la Croix du 02.04.02)
Le DPN, suivi d’une IVG sélective, est la pratique médicale la
plus propice au développement de l’eugénisme négatif.
L’écart entre la méthode de diagnostic et l'absence de thérapeutique
et de prise en charge place les parents devant l’alternative tragique :
soit l’acceptation d’un destin plus ou moins douloureux selon le degré
de gravité, soit le refus de faire naître l’enfant. |
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Maladie héréditaire caractérisée par un défaut de synthèse de l’hémoglobine,
qui se traduit par une diminution de la taille des globules rouges et
souvent par une anémie. Elle se transmet sur un mode autosomique (par les
chromosomes non sexuels) et le plus souvent récessif ( le ou les gènes
en cause devant être reçus du père et de la mère pour que l’enfant développe
la maladie). La gravité de la maladie justifie le dépistage des hétérozygotes
en vue d’un conseil génétique, comportant éventuellement la
proposition d’un DPN lorsque les deux parents sont porteurs d’un gène
thalassémique, préalablement mis en évidence dans un prélèvement
sanguin. |