| Application du dépistage prénatal à la trisomie 21 | |
| Trisomie 21 et dépistage | |
| Les chiffres du dépistage de la trisomie 21 | |
| Dépistage et recherche thérapeutique | |
| Mémoire "Trisomie 21 : quand l'interruption médicale de grossesse n'est pas la seule solution..." mémoire de certificat Ethique, déontologie et responsabilité médicales de S. Coelho, I&S Masson, Faculté de médecine Jacques Lisfranc (St Etienne) | |
| Trisomie 21 et dépistage | ||||||||||||||
|
En 1958, l’équipe du Professeur Jérôme Lejeune mettait en évidence l’origine chromosomique du mongolisme. Grâce à l’étude du caryotype de ces enfants, il a démontré que cette maladie était une trisomie 21.
Avec le diagnostic prénatal est apparue la notion de "connaître et évaluer le risque", de "savoir pour décider".
En effet, le dépistage prénatal pourrait être un outil particulièrement indispensable pour prévoir un traitement, pour améliorer l’accueil d’un nouveau-né en difficulté et surtout pour traiter et guérir des patients in utero. Il faut donc pour cela encourager la recherche.
Aujourd'hui, le dépistage
de la trisomie est de plus en plus poussé. Jusqu'au milieu des années 80, il
n'existait pas de système de dépistage. Puis l'amniocentèse a constitué une
première étape en permettant un diagnostic sur les chromosomes fœtaux. Mais
cette technique entraîne une fausse couche dans au moins 1% des cas. Sachant
que la trisomie touche un nouveau-né sur 700, Françoise Muller estime que "
si l'amniocentèse était généralisée, on causerait la mort de sept fœtus
normaux pour un diagnostic de trisomie ". Les marqueurs sanguins
(surtout utilisés depuis 1997 puisqu'ils sont remboursés par la sécurité
sociale) et les échographies de plus en plus précises (notamment avec la
mesure de la clarté nucale) permettent un dépistage de 90 % des
enfants trisomiques. Néanmoins, ces outils de dépistage sont loin d'être
fiables à 100% et s' "ils peuvent faussement rassurer ", ils
peuvent "aussi faussement inquiéter". Le Pr Yves Ville (hôpital de
Poissy) regrette " les marqueurs sont utiles mais on a un peu mis la
charrue avant les bœufs. Le devoir d'information oblige les médecins à en
parler, alors que beaucoup ne sont pas formés à leur utilisation " et il
ajoute " c'est une politique de santé publique qui ne veut pas donner son
nom ".
|
||||||||||||||
|
|
||||||||||||||
|
Le Registre des Malformations Congénitales de Paris enregistre depuis 1981 tous les cas de trisomie 21 parmi les naissances et les interruptions médicales de grossesse (IMG) dans la population des mères résidant à Paris et dans la petite couronne et accouchant (ou ayant une IMG) à Paris. Entre 1981 et 2000 sur les 760 000 naissances couvertes, 1916 cas de trisomie 21 ont été recensés. |
||||||||||||||
|
Les résultats de l'étude sont les suivants : - la prévalence de la trisomie 21 à la naissance, c'est à dire le nombre de bébés atteints de trisomie 21 enregistré dans la population étudiée, a diminué progressivement entre 1981 et 2000. Proche 1/1 000 naissances au début des années 90, elle varie 10 ans plus tard entre 1 /1 000 et 1/2 000. - chez les femmes de moins de 38 ans, 10% des cas ont été dépistés en 1983 et 85% en 2000. Chez les femmes de 38 ans et plus 59% des cas ont été dépistés en 1983 et 95% en 2000. - l'analyse par périodes montre que le changement de politique de dépistage de 1988 a entraîné une augmentation significative du dépistage. L'analyse des modalités du dépistage pendant la période 1998-2000 montre que chez les femmes de moins de 38 ans, 35% des cas ont été dépistés par l'échographie du 1er trimestre, 27% par les marqueurs sériques et 16% par l'échographie du 2è trimestre. 4% des cas ont été dépistés plus tardivement et 18% des cas n'ont pas été dépistés. |
||||||||||||||
|
En conclusion : En France, les politiques de dépistage ont abouti à une augmentation importante du diagnostic prénatal de la trisomie 21, particulièrement chez les femmes de moins de 38 ans. Ce taux élevé de dépistage chez les femmes jeunes a entraîné une diminution de la prévalence à la naissance dans la population parisienne, malgré l'augmentation de la prévalence totale liée à l'élévation de l'âge de la maternité. |
||||||||||||||
|
|
||||||||||||||
|
Selon cette étude, le nombre d'enfant trisomique à naître est de moins en moins élevé alors que le nombre de conception d'enfants trisomiques augmente (dû à la hausse des grossesses tardives). "En quatre ans, les naissances d'enfants trisomiques ont été divisées par trois" estime Françoise Muller (Hôpital Ambroise Paré, Boulogne). D'environ 785 en 1990, le nombre d'enfants trisomiques 21 est passé à 620 en 1997 et chuté à 355 en 1999. |
||
| Dépistage et recherche thérapeutique | ||
|
|
||
|
|
||
|
Si on en revient à la découverte initiale du Pr. Jérôme Lejeune et à sa ferme certitude qu'un jour il trouverait le moyen de guérir les personnes atteintes de la trisomie 21, on constate que ses découvertes ont été détournées de leur but initial. Les résultats de ses recherches qui devaient permettre l'avancée de la médecine dans la voie de la guérison ont, au contraire, été utilisés pour dépister au plus tôt les enfants porteurs de cette maladie. |
||
|
Le Pr Jérôme Lejeune, découvreur de la trisomie 21, a consacré, comme généticien et médecin, sa vie et sa carrière scientifique à la recherche d'une solution thérapeutique pour les personnes trisomiques 21. Très tôt, il a perçu le danger que représentait une politique de dépistage pour la personne trisomique en particulier et pour notre société en général. |
||
|
"La compassion vis à vis des parents est un sentiment que tout médecin doit avoir. Si un médecin ne l'éprouve pas, il n'est plus qu'une sorte d'ordinateur, une machine à faire des ordonnances. L'homme qui pourrait annoncer à des parents que leur enfant est gravement atteint et qui ne sentirait pas son coeur chavirer à la pensée de la douleur qui va les submerger, cet homme ne serait pas digne de notre métier. Mais on ne protège pas d'un malheur en commettant un crime ; on ne soulage pas la peine d'un être humain en tuant un autre être humain". "On
peut envisager, certes, une société technocratique dans laquelle on tuerait
les vieillards et les anormaux, et où on achèverait les blessés de la route. "Après avoir fait un diagnostic de trisomie 21 au microscope, décider que ce sujet doit être éliminé parce qu'il est trisomique 21, c'est du racisme chromosomique". Pr. Jérôme Lejeune, découvreur de la trisomie 21. |