| Définition et Techniques | |
| Diagnostic et dépistage prénatal | |
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Le diagnostic prénatal (DPN) correspond à tout acte diagnostique accompli en vue de déterminer ou de prévoir l’état de l’enfant avant sa naissance. Le Dictionnaire permanent de bioéthique et des biotechnologies définit le DPN comme « un diagnostic porté sur l’embryon ou le fœtus humain in utero, qu’il s’agisse de déceler une anomalie morphologique ou une maladie génétique ou chromosomique actuelle, ou une prédisposition à développer une maladie dans le futur ». Le DPN a donc pour principal but de déceler une maladie ou une anomalie fœtale et d’en préciser le pronostic. Le DPN est réglementé par la Loi du 29 juillet 1994 relative au don et à l'utilisation des éléments et produits du corps humain, à l'assistance médicale à la procréation et au diagnostic prénatal. La définition du DPN est reprise à l’article L162-16 qui dispose : « le diagnostic prénatal s’entend des pratiques médicales ayant pour but de détecter in utero chez l’embryon ou le fœtus une affection d’une particulière gravité ». Il est important de noter d’emblée la distinction entre diagnostic et dépistage prénatal, notions bien souvent confondues : tandis que le dépistage prénatal permet de détecter majoritairement un facteur de risque d’un handicap (trisomie 21, par exemple), le diagnostic prénatal permet quant à lui de constater ou d’exclure de manière certaine la présence d’une anomalie. Habituellement, le diagnostic est fait à l'issue d'un dépistage positif. Ainsi, le dosage des marqueurs sériques n’est qu’une méthode de dépistage des grossesses "à haut risque" et non une méthode de diagnostic de la trisomie 21. Dans son Avis sur les problèmes posés par le diagnostic prénatal et périnatal (mai 1985), le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) explique que « pendant des siècles, la médecine s'est préoccupée de soigner. Aujourd'hui, elle s'est donnée comme but ultime de prévenir la maladie plutôt que d'avoir à la guérir. Pour y parvenir il faut la prédire : ainsi est née la médecine de prédisposition, premier acte d'une médecine préventive ». Avant 1972, il n’existait pas de techniques permettant de réaliser un véritable diagnostic prénatal. Cette situation a profondément changé à partir de cette date avec l’amniocentèse (ponction du liquide amniotique dans le but d’étudier ses caractéristiques), puis avec l’échographie en 1974. Ce fut l’apparition de l’imagerie et des techniques obstétricales pour effectuer un prélèvement fœtal. Depuis, d’autres techniques sont apparues (cf. les techniques de dépistage). Désormais, l’examen échographique est entré dans une phase de réel dépistage pour des grossesses sans risques particuliers ni anomalies cliniques. Si depuis longtemps, il existe une surveillance médicale obligatoire de la grossesse, désormais les couples ont une exigence de qualité, c’est-à-dire un enfant sans anomalie ni handicap. A cette fin, la femme enceinte doit se prêter à des examens prénataux, dont le nombre n’a cessé de croître. Le diagnostic prénatal s’inscrit donc dans la logique de la surveillance obligatoire des grossesses et dépasse la politique de santé publique traditionnelle, à savoir la protection de la maternité. Notre société accepte de plus en plus mal le handicap quelle que soit son intensité. La preuve en est dans la répétition abusive, ces dernières années, des échographies pendant une grossesse et dans l’essor des demandes d’amniocentèses. La France est le seul pays au monde à rembourser 3 échographies au cours de la grossesse. Plus de 80% des femmes bénéficient font ces 3 échographies. |
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| Les différentes techniques | |
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Si certaines de ces techniques sont intégrées dans le processus de surveillance routinière des grossesses, elles permettent d’aller bien au-delà et d’orienter le diagnostic vers la recherche de telle ou telle malformation ou maladie de l’enfant à naître, voire, tout simplement, vers la recherche de telle ou telle caractéristique de celui-ci. Il
existe différentes techniques intervenant à différents stades de la
grossesse. Parmi ces techniques on distingue : |
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L’échographie |
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Grâce
à un système de sonde placé sur le ventre de la femme, un faisceau
d’ondes ultrasonores rencontre les organes du fœtus. L’image obtenue
est une image de synthèse permettant d’apprécier le développement du
fœtus. |
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L’embryoscopie ou fœtoscopie |
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L’embryoscopie
consiste à introduire un système optique par le col de l’utérus afin
d’observer l’embryon dans sa poche des eaux. Elle permet le diagnostic
visuel précoce de certaines anomalies graves de la tête ou des membres.
Elle se pratique chez les femmes enceintes qui ont déjà eu un enfant
atteint de malformations des membres ou d’une fente labiopalatine
(bec-de-lièvre) pour dépister ce type de malformations. |
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Les
marqueurs sériques sont
pratiqués entre la 15ème et la 18ème semaine. Appelés
aussi « triple test », c'est en fait l’analyse
de 3 substances particulières
: l’hormone chorionique gonadotrophique (HCG), l’alpha-foeto-proteine (AFP) et l’oestriol non conjugué (E3).
Ces substances sont caractéristiques de la grossesse et leurs taux s’écartent
de la moyenne lorsque le fœtus est atteint de trisomie ou d'un spina
bifida. |
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Il existe 3 techniques intervenant à différents stades de la grossesse. Entre la 10ème et la 11ème semaine, c’est la choriocentèse ; entre la 15ème et 19ème semaine, c’est l’amniocentèse ; enfin à partir de la 21ème semaine, c’est la cordocentèse. |
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| La choriocentèse ou le prélèvement des villosités choriales | |||
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Lorsque
le placenta a été localisé par échographie, le gynécologue introduit
un mince tube - le cathéter - par voie vaginale, à travers le col de
l’utérus, jusqu’à l’endroit où se situent les villosités
choriales du placenta, où il prélève un échantillon. |
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L’amniocentèse |
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Elle se pratique sous anesthésie locale et consiste
à prélever du liquide amniotique à l’aide d’une fine aiguille en s’aidant de l’échographie. Cette ponction est un examen simple mais le risque d’interruption accidentelle de la grossesse est non négligeable (1% à 2%
minimupm selon Israël Nisand). Elle est proposée systématiquement aux
futures mères de plus de 38 ans et aux femmes dont la grossesse est
considérée à risque soit à cause d'antécédents familiaux, soit parce que
les résultats des marqueurs sériques ou de l'échographie indiquent une
anomalie.
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La cordocentèse |
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C’est un prélèvement de sang fœtal effectué sur le fœtus par ponction de la veine ombilicale du cordon. Il permet la réalisation du caryotype sur les lymphocytes du fœtus. Depuis 1983, la prise de sang fœtal est devenue une méthode d’examen complémentaire qui a permis d’ouvrir la voie à une véritable médecine fœtale diagnostique et thérapeutique. |
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