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La stérilité (ou infertilité)
est caractérisée par la difficulté ou l’incapacité d’un couple à concevoir
un enfant.
Classiquement, on peut parler d’hypofertilité lorsqu’un couple ayant
eu des rapports sexuels réguliers sans contraception pendant un an ne
parvient pas à avoir d’enfant.
Passés deux ans, on parle de stérilité (ou d’infertilité). Notons à
cet égard une évolution depuis quelques dizaines d'années. Il était
autrefois courant d'attendre 4 à 5 ans avant de consulter un médecin pour
stérilité. Il n'est pas rare, en effet, qu'après quelques années de
"stérilité" une grossesse survienne enfin de façon naturelle.
On parle de stérilité primaire lorsque le couple n’a jamais eu de
grossesse et de stérilité secondaire lorsque le couple a déjà obtenu
une ou plusieurs grossesses.
Dans environ 20 % des cas, la
stérilité est due à des facteurs masculins. Dans 35 % des cas, elle résulte
de facteurs féminins. Dans d'autres cas, elle est causée par une association
de facteurs masculins et féminins ou alors elle ne peut s'expliquer.
Les Références Médicales Opposables (RMO), définies par l’agence nationale
pour le développement et l’évaluation médicale, caractérisent les techniques
médicales à utiliser pour chaque spécialité. Dans le cadre de la procréation
assistée, les RMO interdisent un bilan de stérilité ou une exploration avant
un an de relations sexuelles (régulières et sans contraception).
Pourtant, d’après un rapport de la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance
Maladie) daté du 17 juin 2004, on constate une précipitation des traitements
contre l'infertilité (cf.
revue de presse du 18/06/04).
En effet, la CNAM a mené une
enquête entre mars et juin 2002 chez 728 femmes et a constaté que 23% des
femmes ont eu un traitement avant 12 mois d'attente de début de grossesse et
58 % avant 2 ans. Avant tout traitement, le médecin doit effectuer un bilan
préalable qui représente jusqu'à 8 examens. L'étude révèle que les patientes
ont fait en moyenne 3,6 examens et que 7% n'en ont fait aucun. Seulement 30
% des femmes ont subi un dosage hormonal de base qui permet d'identifier un
déficit ovarien et 33% un contrôle de l'utérus et des trompes. Une fois sur
5 l'origine de la stérilité est masculine, pour autant seuls 37,5 % des
hommes ont pratiqué un spermogramme. 39 % des cas d'infertilité sont des
causes mixtes. |
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Lors d’un rapport sexuel,
l’homme doit apporter une quantité de spermatozoïdes suffisante (au moins 20
millions de spermatozoïdes) et de bonne qualité, c’est-à-dire, vivants, bien
mobiles et normalement formés. Un défaut de l’un de ces critères peut
entraîner une stérilité masculine.
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Les causes
peuvent être mécaniques,
infectieuses ou génétiques (rarement hormonales). On parle :
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d’hypospermie si le
volume du sperme est inférieur à la normale ; |
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d’azoospermie si le
sperme ne contient aucun spermatozoïde ;
On distingue l’azoospermie excrétoire, le testicule fabrique les
spermatozoïdes mais les canaux de sortie sont obstrués par un obstacle
dû à une anomalie congénitale ou une séquelle d’infection, de
l’azoospermie sécrétoire, absence de fabrication de spermatozoïdes ; |
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d’oligospermie
si la quantité de spermatozoïdes est insuffisante ; |
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d’asthénospermie
si les spermatozoïdes ne sont pas assez mobiles donc non fécondants (ils
ne peuvent pas remonter dans la filière génitale féminine) ; |
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de
tératospermie si une quantité trop importante de spermatozoïdes
est mal formée. |
Il peut parfois y avoir, à la suite d’une infection, une réaction
auto-immune avec formation, chez l’homme, d’anticorps anti-spermatozoïdes
qui se fixent à leur surface ce qui provoque leur agglutination ou leur
destruction. Ces spermatozoïdes peuvent être prélevés, débarrassés de leurs
anticorps et introduits dans la cavité utérine via la technique de
l’insémination artificielle.
Les anomalies peuvent être associées (c’est souvent le cas) ; on peut alors
parler d’oligoasthénospermie ou d’oligoasthénotératospermie.
L’oligoasthénospermie peut être due à une varicocèle (dilatation variqueuse
des veines du testicule et de son enveloppe) qui détériore la spermatogenèse
ou à une infection génitale qui affecte la mobilité des spermatozoïdes. Il
existe des facteurs dits «favorisants la stérilité» comme la température
élevée, le diabète
et la consommation abusive de tabac, d'alcool, de drogue...
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Les Traitements
L’azoospermie excrétoire peut être soignée par microchirurgie lorsque
l’obstacle est accessible. Sinon, c’est l’insémination artificielle qui est
proposée. Dans ce cas, les spermatozoïdes du conjoint sont ponctionnés dans
le conduit avant l’obstacle ou dans le testicule.
L’azoospermie sécrétoire peut rarement être traitée. Quand il demeure
quelques spermatozoïdes dans le testicule ou dans les canaux génitaux,
ceux-ci sont alors ponctionnés pour une fécondation in vitro ou une
injection intra cytoplasmique. Le plus souvent, c’est l’insémination
artificielle avec sperme de donneur anonyme qui est proposée.
Pour les autres anomalies, le sperme du conjoint est préparé (lavé, filtré,
élimination des spermatozoïdes mal formés). Si sa qualité est suffisante
après préparation (c’est-à-dire que les spermatozoïdes sont jugés assez
mobiles pour pouvoir pénétrer l’ovule), la technique proposée est
l’insémination artificielle. Sinon, la rencontre du spermatozoïde et de
l’ovule est provoquée par fécondation in vitro et, à l’extrême, injection
intra cytoplasmique. |
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Pour qu’il y ait fécondation, la
femme doit apporter un ovule qui doit être fécondé par un spermatozoïde. Les
spermatozoïdes vont à la rencontre de l’ovule après passage dans le col
(grâce à la glaire), la cavité utérine et la trompe. C’est la cavité utérine
qui va recevoir l’embryon. Un défaut d’ovulation ou une malformation de l'uterus
peut entraîner une stérilité féminine.
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Les causes
peuvent être mécaniques, hormonales ou cervicales.
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Les trompes peuvent être
obstruées par un phénomène infectieux ou congénital,
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Le col peut avoir été détérioré par une intervention chirurgicale,
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La cavité utérine peut être inadéquate par l’existence d’un fibrome
(tumeur bénigne formée de tissus fibreux), d’un polype ou d’une synéchie
(cicatrice liée à un curetage trop appuyé) pouvant déformer la paroi
utérine, empêcher la bonne vascularisation de l’endomètre ou provoquer
des fausses couches précoces.
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Les causes mécaniques peuvent être traitées par la chirurgie (retirer un
fibrome gênant, reperméabiliser les trompes obstruées, décoller une
synéchie…) mais dans le cas où les trompes sont irréparables, la
fécondation in vitro est proposée. |
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La femme est sujette à une absence d’ovulation (anovulation) ou à
la formation d’ovule de mauvaise qualité (dysovulation).
Ces anomalies peuvent-être liées à un problème hormonal ovarien,
hypophysaire (lié à une petite glande du cerveau) ou extérieur comme une
insuffisance thyroïdienne, un excès de prolactine (hormone sécrétée par
le cerveau qui permet principalement le déclenchement et le maintien de
la lactation. Elle agit également sur la sécrétion de progestérone)…
Ces deux anomalies se voient fréquemment chez les patientes en
pré-ménopause (vers 45/48 ans) mais également chez des femmes plus
jeunes.
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Leur traitement est fait après un bilan hormonal.
Ainsi, on peut parfois rétablir l’ovulation en faisant baisser la
prolactine ou les androgènes en excès, parfois en rééquilibrant un
problème thyroïdien.
Dans d’autres cas, on peut avoir recours à une induction de
l’ovulation, c’est-à-dire, que l’ovulation est déclenchée sous
surveillance par des comprimés ou des injections.
L’étude de la CNAM sur la prescription d'inducteurs d'ovulation
(médicaments qui visent à provoquer une ovulation chez la femme dans le
cadre d’une PMA) comme le citrate de clomifène, indicateur le plus
largement prescrit en France sous forme de Clomid ou de Pergotime,
montre que près de 312 000 boîtes ont été vendues en 2002
(étude
de la CNAM sur la prescription d'inducteurs d'ovulation, juin 2004). |
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Causes cervicales
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Le col peut parfois gêner la
montée des spermatozoïdes si la glaire est en quantité insuffisante ou
de mauvaise qualité (infectée ou trop épaisse).
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La quantité de glaire et sa qualité peuvent être augmentées par un
apport d’œstrogènes (hormones). Si la glaire est infectée, un traitement
par antibiotiques peut être proposé.
En cas d’échec de ces traitements, la technique de l’insémination
artificielle est conseillée car elle permet de court-circuiter le col en
déposant les spermatozoïdes directement dans la cavité utérine. |
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Il
peut arriver que les conjoints ne soient pas eux-mêmes stériles mais
incompatibles; ces causes ne sont pas bien connues. Par exemple, il peut y
avoir une stérilité immunologique. Dans ce cas, la femme possède une glaire
qui est allergique aux spermatozoïdes de son conjoint.
Ce développement de réaction immunitaire antisperme est assez rare. Elle
résulterait d'une déficience des facteurs immunosuppresseurs du sperme. Les
anticorps sont retrouvés dans le sang et la glaire chez la femme.
Dans ce cas, une fécondation in vitro est proposée au couple. |