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RISQUES et QUESTIONS ETHIQUES

 
Risques pour la mère et pour le couple
Risques pour l’enfant conçu par AMP
Risques pour l'embryon
Risques pour la société
Danger pour le genre humain
 
Risques pour la mère et pour le couple
Pour la mère
 

Outre la possibilité que donne l’hyperstimulation ovarienne de provoquer une grossesse multiple, elle peut engendrer des déséquilibres pouvant se traduire par la formation de kystes ovariens, une diminution importante du volume du sang ou une augmentation du volume des ovaires parfois associée à un épanchement séreux.
Le risque cancérigène sur les ovaires, bien que non démontré, n’est pas écarté et impose également un suivi à long terme des femmes traitées.

L'association FIVNAT dresse un tableau des risques et complications que peuvent engendrer les techniques d'assistance médicale à la procréation prenant en compte :
- les complications du traitement de stimulation (hyperstimulation, allergie, risques thromboemboliques)
- les complications de la ponction (hémorragie, allergie, risque anesthésique, risque infectieux)
- les complications après le transfert (hyperstimulation, torsions, risques thromboemboliques)
- grossesse multiple
- le risque malformatif pour l'enfant
- le risque à long terme pour la mère (risque carcinologique)

   
Pour le couple
 

L’épreuve de l’infertilité met en danger le couple mais le recours à l'AMP n'est pas sans risque. Lors de l'AMP, la fécondation ne se réalise plus à deux et dans l’intimité du couple mais dans un cadre médicalisé faisant intervenir une ou des tierces personnes.

La femme supporte la presque totalité des traitements nécessaires, qu'elle soit fertile ou non, cela peut faire naître un sentiment d’injustice. Les traitements hormonaux influent grandement sur le caractère, rendant la femme très imprévisible pour son conjoint, ce qui peut accroître l’incompréhension entre époux. Pour suivre les traitements, la femme est souvent obligée d’arrêter de travailler, ou de travailler à temps partiel.

Dans le cadre de l'AMP, les rapports sexuels deviennent difficiles car ils sont imposés à date et heure fixes, ou au contraire interdits, par le gynécologue. Ils deviennent le lieu de l’échec du couple, au lieu d’être un facteur de communion. Il n’est pas rare que la femme, ou l'homme, finisse par les refuser, les considérant comme « inutiles ».

Les effets « yo-yo » générés par l’espoir donné par les inséminations ou les transferts, suivi de l’annonce de l’absence de grossesse, finissent par donner un sentiment d’insécurité. Toutes ces perturbations affectent grandement la vie du couple et la mettent en danger.

   

] Pour réfléchir, quelques questions :

 

Devant l’acharnement procréatif, l’enfant est-il un dû ou un don ?

Quel est le droit de la science quant à une maîtrise technologique de la transmission de la vie ?

La dignité du corps maternel est-elle sauvegardée lorsqu’il est fouillé, hyperstimulé… ?

La banalisation de l'AMP provoquée par les médecins devant l'impatience des couples hypofertiles ne s'apparente-t-elle la voie à un "acharnement procréatif"? (cf. Revue de presse : article De la FIV à l'acharnement procréatif du 17/01/03)

Au cas où plusieurs embryons ne sont pas réimplantés quel sort leur sera réservé ? Les parents dans l'impasse auront alors l'angoisse de la question : "qu'allons nous faire de nos embryons congelés ?" (cf. Revue de presse : article Que faire de mes embryons congelés ? Le tourment des parents... du 15/06/07)

 

 

 
Risques pour l’enfant conçu par AMP

D'après une publication dans le New England Journal of Médecine de mars 2002, les anomalies seraient plus fréquentes chez les enfants conçus par AMP que chez ceux conçus naturellement. Chez les enfants conçus par ICSI (injection intra cytoplasmique de spermatozoïdes), 8,6% des enfants seraient concernés par une anomalie majeure, chez les enfants conçus par FIV la fréquence serait de 9%. Ces fréquences sont deux fois moins importantes chez les enfants conçus naturellement. Les principales malformations seraient celles des muscles, de l'appareil uro-génital et cardio-vasculaire.
The Risk of Major Birth Defects after Intracytoplasmic Sperm Injection and in Vitro Fertilization, Michèle Hansen, M.P.H., Jennifer J. Kurinczuk, M.D., Carol Bower, M.B., B.S., Ph.D., and Sandra Webb, Ph.D., Volume 346:725-730 March 7, 2002 Number 10

Dans la même revue, d'autres chercheurs montrent qu'il existe un nombre plus important d’enfants de faible poids issus d’une procréation médicalement assistée ; ceci peut être inquiétant à long terme puisque l’on a montré qu’il existait une corrélation avec un risque plus important de maladies cardiovasculaires à l’âge adulte.
Low and Very Low Birth Weight in Infants Conceived with Use of Assisted Reproductive Technology, Laura A. Schieve, Ph.D., Susan F. Meikle, M.D., Cynthia Ferre, M.S., Herbert B. Peterson, M.D., Gary Jeng, Ph.D., and Lynne S. Wilcox, M.D., Volume 346:731-737 March 7, 2002 Number 10

Enfin, les grossesses multiples engendrées par l'AMP entraînent des risques de naissances prématurées.

cf. Revue de presse 12/07/05 Les complications de la fécondation in vitro
  16/08/04 Fécondation in vitro et la fréquence de syndromes rares
  29/12/03 FIV et ICSI : des techniques non dépourvues de risques
  16/09/03 AMP : manque de données de suivi des enfants
  12/09/03 Les faces cachées de la FIV
  24/02/03 Les dangers de l'ICSI
  16/01/03 Risques d'anomalies génétiques pour les enfants issus d'AMP
  08/03/02 PMA: une étude chiffrée sur le risque de malformation
cf. Lette Genethique juin 2003 Les dangers de l'assistance médicale à la procréation
 
Risques pour l'embryon

L'assistance médicale à la procréation consiste en la "fabrication" in vitro d'embryons pour un couple considéré stérile. A chaque tentative, de nombreux embryons sont créés, triés puis certains seront détruits, certains réimplantés, et d'autres peut-être congelés. La question alors que chacun doit se poser est : "l'embryon est-il un être humain ?".

S'il n'est rien de plus qu'un être vivant, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Pourtant sur le plan biologique personne ne pourra nier que l'embryon est un être humain. Pour se masquer la vérité, certains se laissent tenter par un "nettoyage des mots". Ainsi, comme l'explique Grégory Bénichou dans son livre Le Chiffre de la Vie, l’embryon humain est appelé par les promoteurs de son instrumentalisation « personne humaine potentielle » puis « pré-embryon », « amas de cellules dépourvu de sens », « presque rien » et plus récemment « artéfact de laboratoire ».

L'embryon est un être humain, et l'AMP met à mal sa dignité de petit homme. Par cette technique, l'embryon conçu in vitro est trié, sélectionné, réimplanté ou détruit ou remis à la recherche qui commence par le détruire pour prélever ses cellules.

La sélection pré-transfert qui conduit à la destruction d'embryons ne répondant pas aux critères de qualité est la pratique universelle. Pour autant, elle relève bel et bien de l'eugénisme. La FIV passe toujours par une étape où l'on sélectionne les embryons sur des critères tout codifié avant de les réimplanter : elle est donc intimement liée à des pratiques eugéniques.

Les embryons ne faisant plus l'objet d'un projet parental sont qualifiés d'embryons surnuméraires, ce qui signifie "en trop". Doit-on interpréter qu'il y a des hommes "en trop" ?

Quand l'embryon est congelé, il est placé dans un tel froid que son existence s'arrête. De quel droit congelons-nous des êtres humains vivants, les plaçant « dans le temps suspendu » d’une bonbonne et porteur de risques pour eux (tous les embryons ne résistent pas à la décongélation) ?

Quand l'embryon n'est pas réimplanté et qu'il est remis à la recherche, c'est l’instrumentalisation de l’être humain en phase embryonnaire. L'embryon devient alors un simple matériau de laboratoire. Or, in utero ou in vitro, l’embryon est toujours un membre à part entière de l’espèce humaine caractérisé par son patrimoine génétique qui fait de lui un être unique et irremplaçable. La recherche sur l’embryon, suivie de sa destruction, instaure pour la première fois le statut de cobaye humain.

S'il n'y avait pas de FIV, il n'y aurait pas de recherche sur l'embryon car il n'y aurait pas de stocks d'embryons dits "surnuméraires"' qui attisent la convoitise de certains chercheurs. La FIV est la porte grande ouverte à l'instrumentalisation de l'embryon.

 
Risques pour la société

La banalisation des gamètes, désacralisées, ramenées au rang de simples cellules utilitaires, interchangeables, crée un risque pour la société elle-même.

En effet, considérer l’ovule, le sperme, au même niveau qu’un morceau de peau ou un rein, est une erreur fondamentale qui implique des choix de société.

Non seulement les gamètes sont porteuses de vie, mais elles sont porteuses du patrimoine génétique de la personne. Patrimoine qui doit se transmettre de génération en génération.

Considérer les gamètes comme une "banale" partie du corps, c’est remettre en cause la notion même de paternité, de maternité. Aujourd’hui, avec le don d’ovule, et la maternité de substitution, une femme peut accoucher d’un enfant qui n’est pas le sien. S’il vient à le savoir, que dira cet enfant, devenu adolescent à sa mère qui n’est pas génétiquement la sienne ? Comment pourra-t-il retrouver sa mère génétique ? Il suffit de voir les questions autour de l’accouchement sous X et celles suscitées par les dons d’ovules et de sperme…

cf. Revue de presse 26/01/06 Accoucher "dans le secret" et non plus "sous X"
  29/11/05 Don de sperme : faut-il lever l'anonymat ?
  28/11/05 A propos du don de sperme
  14/02/03 La Cour européenne défend l'accouchement sous X

Les notions de couple, de parents, volent en éclats. Que penser de jumeaux, de triplés, nés à plusieurs années d’intervalle ? Conçus le même jour en éprouvette, mais certains, congelés, naîtront plusieurs années après. Le syndrome du survivant est bien connu des psychiatres, lors d’une fausse couche d’un des jumeaux. Mais alors que vont devenir tous les survivants des « réductions embryonnaires » qui auront vécu la mort de leur frères et sœurs, détruits au stade embryonnaire ?

 

Danger pour le genre humain

La possibilité pour les médecins de concevoir un embryon hors du ventre de la femme, avant de l’implanter dans l’utérus, ouvre des perspectives vertigineuses.

Aujourd’hui, en France, les interventions sur l’embryon sont « limitées » à la sélection des embryons les plus performants, indemnes de maladies génétiques considérées comme graves par le corps médical et la société. Mais qui empêchera certains médecins, dont la seule éthique est le progrès technique, d’agir sur l’embryon pour le rendre plus performant, plus conforme aux rêves de ses parents : un gène de guépard pour qu’il devienne champion olympique de course à pied, un gène d’orang-outang, pour qu’il devienne l’homme le plus fort du monde, un gène de chouette pour qu’il devienne nyctalope etc. La liste peut être longue de l’homme génétiquement modifié.

Même sans évoquer ces mutants du futur, pensons déjà aux conséquences à long terme du choix du sexe. Appliqué en Inde, grâce au diagnostic prénatal, il provoque un bouleversement démographique dans ce pays (cf. revue de presse du 10/01/06), qui aura des conséquences dans toute l’Asie, et sans doute aussi l’Europe.

C’est la FIV qui permet à la recherche scientifique d'utiliser les embryons comme matière première.

 

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