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Nicolas SARKOZY |
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Lois
de bioéthique : des questions en suspens |
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Rappel
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La loi relative à la bioéthique du 6 août
2004 interdit en principe la recherche sur les embryons dits
"surnuméraires" mais l’autorise « par dérogation et pour une période
limitée à cinq ans, lorsqu’elle est susceptible de permettre des progrès
thérapeutiques majeurs et à la condition de ne pouvoir être poursuivie
par une méthode alternative d’efficacité comparable, en l’état des
connaissances scientifiques ». En juin 2006, l’Agence de la
biomédecine a délivré les premières autorisations de recherche sur
l’embryon à six équipes françaises travaillant dans des structures
publiques.
Le clonage est interdit quel qu'il soit, reproductif ou thérapeutique. |
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1.
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Êtes-vous favorable à la recherche sur les embryons ? |
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ª
oui, comme la loi
l’indique de manière dérogatoire et pour une période limitée |
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ª
oui, en levant toutes
les restrictions de la loi de 2004 |
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ª
non |
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ª
ne sait pas |
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La
loi de 2004 autorise un certain nombre de dérogations et son évaluation
est prévue pour 2009. En l’état actuel des choses, je ne vois pas de
nécessité d’aller plus loin avant cette date. |
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2. |
Souhaitez-vous aller plus loin et autoriser la création d’embryons
spécialement pour la recherche ? |
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ª
oui
X
non
ª
ne sait pas |
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3. |
Souhaitez-vous autoriser le clonage scientifique, dit « thérapeutique »,
ou « transfert de noyau » ? |
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ª
oui ª
non
ª
ne sait pas |
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Pourquoi (facultatif) ?
Le clonage dit thérapeutique est un clonage reproductif interrompu. Je
suis donc, en l’état actuel de la science, très réservé. J’observe au
surplus que cela reste une perspective scientifique pour le moment très
hypothétique. |
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Assistance
médicale à la procréation |
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Rappel |
Aujourd’hui en France, on compte plus de
130 000 embryons "surnuméraires" et le "stock" augmente chaque mois. En
Allemagne, les médecins ne créent par fécondation in vitro (FIV)
que le nombre d’embryons à réimplanter. Il n’y a donc pas de stocks. |
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4. |
Pensez-vous que la loi doive limiter le nombre d’embryons à créer pour
qu’ils soient tous réimplantés ? |
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ª
oui
ª
non
ª
ne sait pas |
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Rappel |
La technique du diagnostic préimplantatoire
(DPI) consiste, pour des couples porteurs d’une maladie génétique, à
créer par fécondation in vitro des embryons et à sélectionner,
parmi eux, ceux exempts de la maladie génétique pour les réimplanter
dans l'utérus maternel. Ceux qui sont malades sont détruits ou utilisés
pour la recherche. L’Allemagne n’a pas légalisé le DPI. |
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5a. |
Pensez-vous que cette forme de sélection embryonnaire s’apparente à de
l’eugénisme ? |
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ª
oui
ª
non
ª
ne sait pas |
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5b. |
Souhaitez-vous étendre le DPI aux prédispositions génétiques (cancers,…)
détectables au stade embryonnaire ? |
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ª
oui
ª
non
ª
ne sait pas |
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Pourquoi (facultatif) ? |
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6. |
Souhaitez-vous autoriser la gestation pour autrui (mères porteuses) ? |
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ª
oui
X non
ª
ne sait pas |
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Diagnostic
prénatal (DPN) et handicap |
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Rappel
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La trisomie 21 touche environ 1 conception
sur 700.
En France, 95% des enfants trisomiques 21 dépistés in utero sont
avortés.
"Il ne faut pas diminuer [le diagnostic prénatal], sinon nous
assisterons à une réaugmentation du nombre d'enfants trisomiques"
expliquait le Dr Daffos dans Le Monde du 27/12/05.
A l’inverse, Didier Sicard, président du Comité consultatif national
d’éthique (CCNE), vient de déclarer dans Le Monde du 03/02/07, à
propos du dépistage de la trisomie 21 : « Osons le dire : la France
construit pas à pas une politique de santé qui flirte de plus en plus
avec l’eugénisme ». |
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7. |
Êtes-vous satisfait de cette pratique du DPN et de ce choix de société
qui « vise à la suppression et non pas au traitement » (Didier
Sicard) ? |
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ª
oui
ª
non
ª
ne sait pas |
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Pourquoi (facultatif) ?
Personne ne
peut être satisfait que l’enfant trisomique ne soit plus accueilli. Je
respecte profondément et j’admire les parents qui font le choix de
mettre au monde un enfant handicapé et je sais que les personnes
handicapées apportent beaucoup à notre société. Mais je ne me sens pas
le droit de décider à la place des couples qui sont confrontés à cette
question. |
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Homicide
involontaire du fœtus |
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Rappel |
On appelle homicide involontaire du fœtus,
la mort d’un bébé in utero causée contre la volonté de sa mère
par un tiers « par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou
manquement à une obligation de sécurité ou de prudence ». En 2003,
sur la demande de nombreuses familles concernées, le député Jean-Paul
Garraud a proposé un amendement pour faire reconnaître comme délit,
l’homicide involontaire du fœtus. En janvier 2004, l’amendement a été
repoussé. |
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8.
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Souhaitez-vous que soit reconnu comme délit
l’acte qui a entrainé la mort d’un enfant in utero contre la
volonté de sa mère ? |
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ª
oui
ª
non
ª
ne sait
pas |
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Pourquoi (facultatif) ?
On doit pouvoir reconnaître la détresse des parents qui perdent un
enfant en cours de grossesse du fait de l’imprudence ou de la négligence
d’un tiers. Je suis donc prêt à ouvrir ce débat, mais je veux le faire
sereinement, sans agiter les passions, en veillant à préserver la
législation sur l’avortement et en tenant compte de la situation des
professionnels de santé. |
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Euthanasie |
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Rappel |
En avril 2005, l’Assemblée nationale a adopté la
proposition de loi relative aux droits des malades et à la fin de vie
qui prévoit le droit à « laisser mourir ». Cette loi confirme les
conditions pour éviter tout acharnement thérapeutique ainsi que
l’interdiction de l’euthanasie en France.
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9. |
Êtes-vous favorable
ou défavorable à une évolution vers la légalisation de l’euthanasie ?
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ª
favorable ª
défavorable
ª
ne sait pas |
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Avortement |
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Rappel |
On
enregistre environ 220 000 avortements par an dont 11 500 chez les
mineures en 2004. La tendance à l’augmentation est très marquée chez les
mineures pour lesquelles le nombre d’avortements a augmenté de 32% entre
1990 et 2006.
Par ailleurs, l’INED a souligné que l’avortement n’était pas lié à une
sous information en matière de contraception. |
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10.
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Considérez-vous cette situation comme satisfaisante ?
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ª
oui
X
non
ª
ne sait pas |
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Que
proposez-vous ?
Il faut mieux faire connaître aux jeunes femmes la
contraception et les solutions alternatives à l’avortement. |
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Pensez-vous qu’il serait souhaitable de revenir sur l’allongement du
délai de l’IVG de 10 à 12 semaines de grossesse, prévu par la loi Aubry,
en rétablissant un délai maximum de 10 semaines ? |
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ª
oui
X
non ª
ne sait pas |
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Voici
quelques mots clés fondamentaux pour la réflexion bioéthique. Merci de
répondre brièvement à ces questions… |
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Qu’est-ce qu’un embryon ?
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Quand commence la vie
d’un nouvel être humain ? |
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Qu’est-ce qu’un acte
d’euthanasie ? |
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Quel(s) problème(s)
éthique(s) pose la recherche sur les cellules souches embryonnaires ?
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Observations
du candidat : |
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"Je
me suis prêté à votre questionnaire car vos interrogations sont
légitimes et qu’il est normal que vous sollicitiez sur chacune d’elle
les candidats à la présidence de la République.
Je n’ai toutefois pas pu répondre à un certain nombre de
questions car aucune des réponses proposées (oui – non - ne sait pas) ne
me satisfaisait et ne correspondait à ma pensée. J’aurais préféré que
vous me demandiez de répondre par des phrases.
Par exemple, s’agissant de la question sur l’assistance
médicale à la procréation, il va de soi que l’idéal que nous devons
viser est de ne créer par fécondation in vitro que le nombre exact
d’embryons à réimplanter. Mais, dans l’attente d’une parfaite maîtrise
de ces techniques et eu égard aux contraintes et même aux souffrances
que représente la procréation médicalement assistée pour les femmes, je
pense que, pour le moment, il faut accepter que l’on crée plus
d’embryons que ceux qui seront au bout du compte réimplantés. En
l’occurrence, le choix de réponses proposé ne me convenait donc pas.
Les
questions que vous posez sont complexes et délicates. Par exemple, la
définition de l’embryon a déjà donné matière à des dizaines de livres.
Ces questions mettent en jeu des aspects éthiques, scientifiques,
sociaux. Je ne veux pas y répondre de manière simpliste. Si je suis élu
président de la République, je prendrai le temps nécessaire pour y
réfléchir longuement et en débattre avec les autorités concernées et
tous les Français."
[NDLR :
Ne pas avoir les idées claires sur des questions précises et
fondamentales est une information. "Ce qui se conçoit bien, s'énonce
clairement".] |
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