Enquête : 10 minutes pour 10 questions

Retour Dossier spécial : Présidentielle 2007

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François BAYROU

Extrait de la lettre adressée à Gènéthique en réponse au questionnaire, signée par Marielle de Sarnez, directrice de campagne de François Bayrou (13 mars 2007).
 

"(...) François Bayrou a soutenu les recherches sur l'embryon dans le cadre de la loi sur la bioéthique de 2004. Il s'agit donc, pour lui, d'une discussion civile et laïque et non spirituelle. Cependant, il dit comprendre les problèmes de conscience sur ce sujet : "il y a des hommes et des femmes pour qui la vie humaine est une chose qui se respecte en soi, et je comprends très bien ce genre de sentiment".

Le clonage humain touche, en effet, à certaines valeurs fondamentales de nos sociétés démocratiques et travaille en profondeur l'imaginaire collectif. Une analyse sereine de la question nécessite donc de faire la part entre le fantasme et la réalité, et de souligner les implications étiques du clonage humain. A cet égard, la récente distinction entre clonage reproductif et clonage thérapeutique semble indiquer que certaines finalités du clonage humain sont aujourd'hui plus acceptables que d'autres : alors que la reproduction asexuée par clonage fait jusqu'à maintenant l'objet d'une réprobation unanime, le clonage à visée thérapeutique divise certaines instance religieuses, citoyens et chercheurs.

Pourtant le risque d'une instrumentalisation de l'être humain n'est-il pas inhérent à toutes les formes de clonage ? Comment poser juridiquement la fine limite entre le clonage reproductif et thérapeutique ?

Face à de tels enjeux, il convient d'être prudent. Dans un contexte international d'évolution de la recherche scientifique et cellulaire, il est certain que la France ne pourra pas rester à l'écart de tels enjeux. Conscient de la nécessité de passer de l'éthique au droit, il est de notre responsabilité de concilier valeurs fondamentales et recherche scientifique. Une révision des lois de bioéthique serait pourtant très imprudente en l'absence de toute législation internationale, soucieuse de protéger les plus vulnérables des conséquences évidentes que pourrait avoir de telles possibilités sur l'intégrité du corps humain.

La question de la fin de vie est extrêmement délicate.

François Bayrou souhaite un redéploiement des soins palliatifs pour permettre au processus naturel de la fin de vie de se dérouler dans les meilleures conditions. Il n'est pas nécessaire d'aller plus loin que la loi de 2005. Cette loi, mise en place il y a quelques mois refuse l'acharnement thérapeutique pour éviter les souffrances des malades. (...)"