Certains candidats ont complété leurs réponses :
- François BAYROU - Bruno MEGRET
- Christine BOUTIN - Christine TAUBIRA
- Jacques CHIRAC

 

 

 

 

 

 

 

François BAYROU
A propos des 3 premières questions 
Le patrimoine génétique de l'humanité appartient à l'humanité. Ce n'est pas le gène qui est brevetable mais le processus auquel il peut donner naissance. Je suis donc partisan de breveter les techniques issues du vivant sans breveter le vivant lui-même.
A propos du nombre d'embryons surnuméraires (question 4)
Tout doit être fait pour qu'il n'y ait pas d'embryons surnuméraires.
A propos du DPI (diagnostic pre-implantatoire) (question 5)
à titre exceptionnel et dans des conditions strictement limitées.
A propos des bébés médicaments (question 6)
Un bébé n'est jamais un objet et encore moins un médicament. Dans les circonstances dramatiques où se pose une telle question, personne ne peut juger l'attitude des parents.
A propos de l'arrêt de la Cour de cassation jugeant que le délit d'homicide involontaire ne pouvait être commis sur l'enfant à naître, quel que soit son degré de développement (question 7)
mais c'est l'application de la loi actuelle qui fait référence à la viabilité du fœtus. Sans devra-t-on la faire évoluer.
A propos de la légalisation de l'euthanasie (question 10)
une société se juge au respect du plus fragile, du plus faible. Pour moi, la fin de la vie est avant tout marquée par la rencontre unique et intime entre le patient et le médecin qui l'accompagne. 

 

 

 

 

 

Christine BOUTIN
A propos du nombre d'embryons surnuméraires (question 4)
Oui au minimum si on ne peut pas remettre en question le principe même de la procréation médicale assistée (PMA).
A propos de la loi mettant fin à la jurisprudence Perruche (question 9)
oui, dans la mesure où elle inscrit dans la loi que nul ne peut se prévaloir du fait d'être né mais, cependant avec des réserves, dans la mesure où elle inscrit dans la loi une responsabilité des médecins de ne pas avoir décelé le handicap éventuel d'un enfant et permet aux parents d'obtenir des indemnités du fait de ne pas avoir eu le choix de l'avortement.

 

 

 

 

 

 

 

Jacques CHIRAC
A propos des 3 premières questions 
Les progrès scientifiques en matière de recherche génomique et de recherche sur les cellules-souches ouvrent de vastes possibilités thérapeutiques et font naître des attentes très fortes car les découvertes pourraient permettre de guérir des maladies jusqu'ici incurables. Mais elles soulèvent aussi des interrogations sur les limites et les conditions de ces recherches.
Ces questions, qui ont toujours retenu l'attention du président Jacques Chirac, nous engagent tous car elles touchent à la signification de la vie, à) la dignité humaine et nous confrontent à des défis éthiques sans précédents dans l'histoire humaine.
Elles nécessitent l'intervention non seulement du Parlement dans le cadre notamment de la révision des lois de bioéthiques de 1994 mais aussi de tout citoyen. 
M. Jacques Chirac estime, pour sa part, que si l'on ne peut pas se priver des moyens de faire reculer ses souffrances, il ne faut cependant pas faire prévaloir une conception utilitariste de l'être humain qui mettrait en cause les fondements mêmes de notre civilisation et porterait atteinte à la dignité de l'homme. il est, en conséquence, indispensable que la nécessaire avancée des connaissances s'accompagne d'une réaffirmation de la déontologie et d'un renouveau e l'éthique pour que le progrès scientifiques reste subordonné à l'homme. 
Après s'être beaucoup interrogé, après avoir beaucoup discuté, tout en étant conscient que le débat ne peut être définitivement clos aujourd'hui, M. Jacques Chirac pense que les perspectives ouvertes par les thérapies cellulaires peuvent justifier une certaine évolution de notre législation, comme l'ont d'ailleurs estimé le Comité consultatif national d'éthique et le Conseil d'État. 
M. Jacques Chirac est, bien sûr, opposé au clonage reproductif d'embryon humain, qui porte atteinte à l'identité et à la dignité humaine, ainsi qu'au clonage thérapeutique, car celui-ci conduit à créer des embryons à des fins de recherche et de production de cellules, rend matériellement possible, malgré l'interdit, le clonage reproductif et risque de conduire à des trafics d'ovocytes. Il semble, en effet, qu'aucun embryon ne doit créé en vue de servir de matériau scientifique. Il n'est pas de fin, si juste soit-elle, qui puisse le justifier.
Les seules recherches qui pourraient être autorisées ne devraient donc porter que sur des embryons conservés depuis plusieurs années en application de la loi de 1994. Leur intérêt devrait avoir été préalablement évalué par un conseil scientifique. Pour être autorisées ces recherche devraient respecter au moins trois conditions :
- que les couples à l'origine de ces embryons, ayant renoncé à tout projet parental, aient décidé que les remettre à la recherche plutôt que de les voir détruits au terme de la période de cinq ans prévue par la loi ;
- que ces embryons ne puissent être ensuite réimplantés ;
- et, enfin, que ces recherches ne soient autorisées que pendant une période limité au terme de laquelle le législateur devrait se prononcer à nouveau.
M. Jacques Chirac veut, par ailleurs, donner la priorité, tan,t au plan national qu'au plan européen, au lancement et au financement des programmes de recherche portant sur les cellules souches adultes car ces recherches permettent d'espérer qu'il sera demain possible d'éviter le recours à des cellules embryonnaires.
A propos du nombre d'embryons surnuméraires (question 4)
La procréation puis la conservation d'un grand nombre d'embryons dans le cadre de l'assistance médicale à la procréation, même si celui-ci est difficile à déterminer de façon précise, soulèvent sans aucun doute des questions éthiques. Afin de limiter le nombre d'embryons congelés, il conviendrait alors de favoriser les techniques médicales destinées à réduire le nombre d'embryons conçus.
A propos du DPI (diagnostic pre-implantatoire) (question 5)
Concernant le diagnostic pre-implantatoire, la loi du 29 juillet 1994 a admis, à titre exceptionnel, que l'embryon in vitro puisse faire l'objet d'un tel diagnostic en vue de déterminer s'il est porteur de maladies génétiques d'une particulière gravité et reconnues comme incurables. ce texte me semble correspondre à un équilibre satisfaisant.
A propos des bébés médicaments (question 6)
La conception d'un enfant sélectionné selon ses caractères génétiques dans le but de soigner un frère ou une sœur atteint d'une maladie génétique n'est pas acceptable. Tout en étant conscient des attentes que peuvent avoir les parents d'enfant atteint d'une maladie génétique grave, M. Jacques Chirac estime qu'il ne faut pas faire prévaloir une conception utilitariste de l'être humain qui mettrait en cause les fondements mêmes de notre civilisation et porterait atteinte à la dignité de l'homme. 
A propos de l'arrêt de la Cour de cassation jugeant que le délit d'homicide involontaire ne pouvait être commis sur l'enfant à naître, quel que soit son degré de développement (question 7)
M. Jacques Chirac a été très sensible à l'arrêt du 29 juin 2001, par lequel l'assemblée plénière de la Cour de cassation a décidé que le fœtus n'est pas protégé pénalement au titre de l'infraction concernant les personnes et, en conséquence, que l'automobiliste auteur d'un accident qui a provoqué la mort de ce fœtus porté par une autre automobiliste ne peut être reconnu coupable d'homicide involontaire.
La question du statut de l'embryon pourra faire l'effet d'un examen dans le cadre du débat qui devra reprendre au Parlement sur la révision des lois de bioéthique.
A propos de la place de la personne handicapée (question 8 et 9)
M. Jacques Chirac a été très sensible à l'émotion des familles et des associations qui se sont exprimées contre "l'arrêt Perruche" décidant l'indemnisation d'une personne handicapée. Il a d'ailleurs soutenu et accompagné l'initiative du Professeur Mattéi qui a abouti au vote par le Parlement d'un texte qui s'attache à établir une position d'équilibre sur ce sujet délicat.
Plus généralement, M. Jacques Chirac estime que le débat sur "l'arrêt Perruche" a mis en lumière les insuffisances de nos politiques en matière de recherche de l'origine des handicaps et, notamment, de la trisomie 21 et en faveur des personnes handicapées. ce débat a confirmé la nécessité d'une nouvelle ambition nationale en ce domaine, après la grande étape que fut la loi d'orientation votée en 1975 à son initiative.
Enfin, M. Jacques Chirac a la profonde conviction que la société doit se mobiliser pour assurer aux personnes handicapées une place plus digne et plus juste dans notre société. Le droit à compensation doit ainsi devenir une réalité pour l'ensemble de nos concitoyens handicapés. 
A propos de la légalisation de l'euthanasie (question 10)
La question de l'euthanasie interpelle tout être humain. certaines législations étrangères, notamment celles des Pays -Bas, autorisent l'euthanasie active.
M. Jacques Chirac considère que là n'est pas le rôle du médecin : son rôle est avant tout de défendre la vie et de s'engager dans le choix des soins palliatifs.
Il s'agit là d'une vraie réponse à la souffrance de malades confrontés à l'évolution d'un mal incurable, et aussi à l'angoisse de leur famille, en refusant bien sûr tout acharnement thérapeutique. 

 

 

 

 

 

 

 

Bruno MEGRET
A propos de la légalisation de l'euthanasie (question 10)
Je considère l'euthanasie comme une atteinte au caractère sacré de la vie humaine qui constitue le bien le plus précieux, tant du point de vue des personnes que sur le plan collectif. Il appartiendrait donc à l'Etat d'affirmer clairement ce caractère sacré de la vie humaine et d'agir pour faire respecter cette valeur essentielle. Je suis partisan d'inscrire dans la constitution le principe fondamental du respect de la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle. Face à un malade qu'il sait condamné, le devoir du médecin est de l'accompagner vers sa fin avec humanité et dignité sans précipiter sa mort mais en lui apportant les soins palliatifs et les apaisements physiques et moraux que nécessite son état.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christine TAUBIRA
A propos des bébés médicaments (question 6)
oui, au cas par cas.
A propos de la légalisation de l'euthanasie (question 10)
favorable en certains cas.