" cellules souches " hépatiques (hépatocytes fœtaux et embryonnaires)

 

Anne Weber

 Directeur de Recherche - INSERM E.M.I. 00-20 - Hôpital Béclère

 

Préambule :

    Mon équipe ne travaille pas sur les cellules ES ni sur les cellules souches adultes, qui dans le foie - si elles existent -sont considérées comme " en réserve " et qui ne peuvent pas être mises en évidence dans un foie normal, mais sur les hépatocytes fœtaux et embryonnaires, sachant que dans ces derniers aux stades précoces de développement existent les hépatoblastes, cellules souches bipotentes précurseurs des hépatocytes et des cellules biliaires.

 

1. Type de modèle cellulaire utilisé et espèce (humaine et/ou animale)

Hépatocytes fœtaux et embryonnaires de primate et humain

 

2. Quels potentiels de différenciation peut-on obtenir : comparaison cellules souches adultes vs. cellules souches embryonnaires dans votre modèle d'étude ?

    cf. préambule : la cellule souche hépatique fait l'objet d'un long débat qui dure depuis 1958.

    Les 4 grands laboratoires américains qui travaillent sur le sujet sont maintenant d'accord (opinion que je partage) pour dire qu'elle existe et est stimulée à proliférer dans les conditions de stress toxique du foie chez le rat (CCl4, galactosamine) et après administration de certains carcinogènes chimiques (mais pas tous). J'ai démontré la présence de ces " putatives " cellules (dites cellules ovales) dans un modèle de souris transgénique pour T de SV40 sous contrôle d'un promoteur hépato-spécifique et développant spécifiquement des hépatocarcinomes.

    Ces cellules expriment effectivement des marqueurs biliaires et hépatocytaires.

    Chez l'homme elles sont recherchées dans les cirrhoses en phase terminale par marquage immuno-histochimique mais non formellement prouvées et encore moins isolées .

    Nous avons immortalisé des hépatocytes simiens fœtaux qui expriment des cytokératinocytes biliaires et hépatocytaires et semblent se comporter comme des hépatocytes après transplantation dans des souris nude. La même approche est en cours avec des hépatocytes embryonnaires humains.

    D'après le modèle des cellules ES de souris, la différenciation vers des types hépatiques n'a, à ma connaissance, jamais été obtenue (mais je peux me tromper).

3. Capacité de mise en culture des cellules souches adultes vs. cellules souches embryonnaires.

    Nulle car les seules cellules " ovales " isolées le sont à partir de foies transformés

4. Besoins nutritionnels en cultures in vitro (type de milieu, facteurs de croissance, etc).

    Les hépatocytes fœtaux et embryonnaires prolifèrent spontanément pendant quelques divisions mais nous sommes en train de tester plusieurs facteurs ;

5. Quelles propriétés (morphologiques, cytologiques et/ou moléculaires) s'attachent à l'état de division et de différenciation des cellules de votre modèle d'étude ?

    Au cours de la différenciation des hépatocytes il existe une séquence d'activation de facteurs de transcription (HNF4, 3 . ) mise en évidence chez la souris et le rat, que nous souhaitons caractériser chez l'homme. Il en est de même des protéines impliquées dans la polarisation qui est un gage de fonctionnalité de ces cellules.

6. Destin de ces cellules lors d'un transfert in vivo chez l'embryon ou chez l'adulte ?

    Les hépatocytes embryonnaires sont en cours de réimplantation chez la souris adulte ; au stade où nous savons les isoler actuellement (8-15 semaines) ils donneront naissance à des hépatocytes.

7. Degré de plasticité  (trans-différenciation ) ?

    Il vient d'être démontré que les cellules souches hématopoïétiques pouvaient, dans certaines conditions, participer à la reconstitution du foie chez la souris et le rat.

8. Voies d'accès au tissu-cible chez qui l'on vise à produire un effet régénérateur ?

    Injection via la veine porte ou directement dans le parenchyme hépatique chez le singe fœtal ou nouveau-né.

9. Utilité des cellules souches mises en œuvre dans votre modèle en thérapie cellulaire et en thérapie génique : comparaison cellules adultes vs. cellules embryonnaires - Type(s) de pathologie(s) humaine(s) susceptibles d'en bénéficier ?

    Correction de maladies métaboliques hépatiques en thérapie génique et cellulaire.

    Les cellules adultes, par exemple provenant de la moelle, semblent une approche prometteuse.

10. Clonage thérapeutique (potentiel ou effectif).

    Pour reconstituer un tissu mais un organe aussi complexe que le foie ?.

 

 

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