Un centre de recherche
Le 1er janvier 2001, un département de recherche sur les cellules souches adultes a été créé à l’université catholique du Sacré Cœur de Rome.
Les recherches porteront sur les cellules souches du placenta et du cordon ombilical, dans la perspective de pouvoir les utiliser dans la régénération d’organes ou de tissus humains.
On savait que ces cellules obtenues après un accouchement étaient déjà capables de traiter des patients atteints de leucémies ou de lymphomes, grâce à leur étonnante capacité à régénérer les globules blancs, les globules rouges et les plaquettes. « Mais on a aussi montré expérimentalement que ces cellules souches peuvent régénérer des cellules hépatiques, musculaires et même, quoique les résultats soient plus ambigus, de système nerveux » déclare le professeur Axel Kahn, directeur de l’institut de génétique moléculaire et membre du Comité national consultatif d’éthique. Mais ces cellules, se demande-t-il, auront-elles les mêmes potentialités et la même efficacité que les cellules souches embryonnaires ?
Une banque de cellules
Dans ce centre de recherche sera créée une banque de cellules souches de cordon ombilical. Ce sera la première en Italie, et l’une des premières en Europe.
Cette initiative veut montrer que, du point de vue scientifique et éthique, on peut faire progresser la recherche sans avoir recours au clonage et sans utiliser des embryons surnuméraires et des embryons créés uniquement dans un but « thérapeutique » comme cela pourrait effectivement se faire en France, avec les nouveaux projets de loi sur la bioéthique comme l’a laissé entendre Lionel Jospin.
Monseigneur Elio Sgreccia, vice président de l’Académie pontificale pour la vie et directeur de l’université catholique de Rome, souligne que les techniques d’utilisation de cellules souches extraites du cordon ombilical représentent un authentique progrès scientifique parce qu’elles « offrent une sorte de thérapie préventive et constituent une recherche précieuse pour combattre certaines maladies mais surtout parce que ces techniques offriront davantage de possibilités de succès que celles basées sur l’extraction de cellules souches embryonnaires ».
Déjà en août dernier, au moment où la Grande Bretagne et les Etats Unis semblaient s’engager dans la voie du clonage thérapeutique, le Vatican avait manifesté son opposition à un tel projet, préférant mettre l’accent sur les travaux faits sur les cellules « bonnes à tout faire » prélevées notamment dans la moëlle osseuse chez un adulte.
Au total, toutes ces recherches sur les cellules adultes ou sur celles du placenta ou du cordon ombilical éloigneraient le risque de « réification » de l’embryon humain.

