Synthèse de presse quotidienne du 25 juin 2012

Robert Spaemann : "Prélever un organe conduit souvent à la mort du donneur"

A l’occasion de la journée nationale du don d’organes, le 22 juin, le philosophe Robert Spaemann [ndlr : figure éminente de la philosophie morale en Allemagne] a été interviewé par l’hebdomadaire Famille Chrétienne.

Ainsi, Robert Spaemann précise que le constat, selon lequel "les prélèvements d’organes sont de plus en plus nombreux", est "inquiétant car pour avoir des organes vivants, il faut que le donneur d’organes soit vivant. Or,  prélever un organe conduit à la mort du donneur". Alors que pour certains le fait que la respiration soit "maintenue de manière artificielle […] lors de la mort encéphalique, […] ne serait pas exactement le maintient de la vie",  Robert Spaemann considère au contraire que la vie "reste la vie, […] qu’importe que la vie soit maintenue artificiellement ou non".
Il décrit une perversion de la fonction de médecin : alors qu’autrefois, la fonction du médecin était de confirmer ou infirmer un constat de mort posé par l’entourage du patient, "aujourd’hui, c’est le contraire. La famille voit que son proche est toujours vivant, qu’il respire, même de façon artificielle, et le médecin dit : ‘Non, il est mort ! Il faut faire vite, car nous avons besoin de tel organe’ ".    
Mais que signifie alors la notion de "besoin" d’organes ? A cette question, Robert Spaemann rappelle que "dans les camps nazis on faisait des expériences sur des êtres humains que l’on soumettait à des températures très basses pour tester la résistance humaine au froid [en précisant que c’était] utile, [car, disaient-ils] ‘on en a besoin pour nos soldats’ ".     
 

Famille Chrétienne 25/06/12

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