Le Président de la République relance le débat sur l’euthanasie



Après le flou apparu ces derniers temps sur l’enjeu de la fin de vie (absence d’évocation, par le premier ministre, dans son discours de politique générale et évocation d’une simple modification de la loi Leonetti au cours d’une de ses interview), le Président de la République vient de s’exprimer officiellement.

Ce mardi 17 juillet 2012, lors d’un déplacement à la Maison Notre-Dame-du-Lac (Rueil Malmaison), "deuxième établissement de France consacré à l’accompagnement de la fin de vie et au traitement de la douleur", François Hollande a lancé le débat national sur la fin de vie, et a annoncé une réforme "dans les prochains mois". Dans cette perspective, "il a confié une mission sur la fin de vie au Professeur Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique de 1999 à 2008".
Tout en "rendant hommage à la loi Leonetti qui permet d’éviter depuis 2005 les traitements déraisonnables et tout acharnement thérapeutique", François Hollande a posé la question suivante : "peut-on aller plus loin dans les cas exceptionnels où l’abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible et qui appelle un acte médical assumé au terme d’une décision partagée et réfléchie ?". Il ajoute, "poser cette question c’est poser une perspective qui elle-même entraîne un débat" précisant qu’il "‘entend’ et ‘respecte’ les consciences et les voix venues notamment des autorités spirituelles qui affirment ce principe essentiel, respectable, selon lequel tout instant de vie mérite d’être vécu".

A la question d’un journaliste souhaitant savoir si le mot euthanasie était un mot tabou, le président a répondu : "Ce n’est pas le mot que j’ai employé". Ainsi, sans avoir prononcé le mot "euthanasie", et sans être "revenu sur la mesure 21 de son programme", le Président de la République estime que le "débat" sur la fin de vie "mérite d’être engagé" et "doit se faire dans l’apaisement".

Patrick Ollier, député-maire UMP de Rueil Malmaison, s’est dit " ‘fermement opposé’ à une réforme de la loi Leonetti sur la fin de vie". Pour le député-maire, "ouvrir le débat sur l’euthanasie sans employer le terme peut paraître habile, mais cela représente un débat qui va fracturer la société française". Il ajoute : " aller plus loin, c'est-à-dire franchir la limite autorisant un acte médical assumé pour provoquer la fin de vie est un débat qui ne semble pas s’imposer aujourd’hui. La formation des personnels de santé aux soins palliatifs, l’information et la pédagogie du public me semble constituer des pistes prioritaires dans lesquelles l’Etat doit s’engager "
 


Sources: 

Lemonde.fr 17/07/12 – Lepoint.fr 17/07/12 – l’express.fr 17/07/12 - Sante.lefigaro.fr (Agnès Leclair) 17/07/12 – Liberation.fr 16/07/12 – leparisien.fr 17/07/12 – lejdd.fr 17/07/12 – RTL.fr 17/07/12 – franceinfo.fr 17/07/12 – nouvelobs.fr 17/07/12 – publicsenat.fr 17/07/12 – Le Figaro.fr (Agnès Leclair) 17/07/12 – Le Huffington Post.fr 17/07/12 - La Vie (Joséphine Bataille) 19/07/12